Devenir millionnaire : la seule option pour une vie confortable en Belgique ?

La Belgique semble être à un tournant où devenir millionnaire est devenu une condition presque incontournable pour mener une vie considérée comme confortable.

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Millionnaires
Devenir millionnaire : la seule option pour une vie confortable en Belgique ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

L’idée de mener une vie confortable en Belgique, aujourd’hui, semble être de plus en plus liée à la question de la richesse. Un rapport récent du cabinet de conseil Capgemini révèle que le nombre de millionnaires en Belgique a diminué pour la troisième année consécutive, bien que la classe mondiale des millionnaires continue d’augmenter. 

Un expert financier, Pascal Paepen, affirme que quiconque naît aujourd’hui sans devenir millionnaire sera considéré comme pauvre. Ce constat soulève des questions importantes sur l’évolution des conditions de vie et sur l’accessibilité à une vie confortable pour tous. Dans ce contexte, il devient pertinent de se demander pourquoi la richesse est devenue un prérequis pour une existence décente dans un pays développé comme la Belgique.

La diminution du nombre de millionnaires en Belgique

En Belgique, le nombre de millionnaires a connu une baisse continue ces dernières années, atteignant 134 600 personnes en 2023, contre 141 100 en 2021. Bien que ce chiffre puisse sembler élevé, il reflète un phénomène inquiétant dans un pays où les classes moyennes sont de plus en plus poussées vers des inégalités économiques. Parmi ces 134 600 millionnaires, une grande majorité (124 670) dispose d’un patrimoine situé autour de 1 million d’euros, tandis que 9 380 Belges ont un patrimoine financier nettement plus important, allant de 4,38 millions à 26,25 millions d’euros. Ce groupe reste cependant minoritaire, et seulement 540 personnes font partie du cercle restreint des ultra-riches, avec un capital supérieur à 26,25 millions d’euros.

Cette dynamique est révélatrice d’une réalité où la richesse semble s’accumuler de manière disproportionnée dans une petite portion de la population, tandis que le reste de la société peine à suivre l’augmentation constante du coût de la vie. Pour comprendre cette évolution, Pascal Paepen souligne que les Belges sont de grands épargnants et que, combinés à de bons placements ou investissements, leur capital peut croître de manière significative, relate 7sur7. Cependant, les premiers 100 000 euros restent les plus difficiles à obtenir, et une fois cette étape franchie, l’enrichissement peut s’accélérer, à condition d’être bien orienté économiquement.

La gestion des patrimoines et les défis économiques actuels

L’un des éléments clés qui influence cette tendance est la manière dont les Belges gèrent leur patrimoine. D’après les données disponibles, les millionnaires en Belgique investissent 22 % de leur capital en liquidités, 17 % en obligations, 19 % en immobilier d’investissement, 21 % en actions et 20 % en instruments de placement alternatifs. Malgré ces investissements variés, l’expert Paepen note que la proportion d’investissement en actions est relativement faible, et plaide pour une plus grande diversification, notamment vers des options comme le capital-investissement et les matières premières, qui présentent des rendements intéressants malgré leur gestion coûteuse.

Ce phénomène témoigne d’une prudence financière, en particulier parmi les « simples » millionnaires, pour qui l’accent est mis sur la préservation du capital plutôt que sur son accroissement. Pour ces derniers, le recul du patrimoine moyen de 2,4 % en 2023 est un signe d’une certaine stagnation économique.

L’aspect préoccupant de cette situation est qu’elle souligne l’existence d’une fracture de plus en plus nette entre les riches et les autres. En Belgique, un pays de 11,5 millions d’habitants, il semble désormais qu’un patrimoine d’un million d’euros, souvent considéré comme l’apanage de l’élite, soit une condition nécessaire pour accéder à un confort financier à long terme. Cela s’explique notamment par la hausse continue des prix de l’immobilier, où une maison coûte désormais entre 300 000 et 350 000 euros en moyenne, et où cette même maison pourrait coûter un million d’euros dans quelques années, selon les experts.

Ce constat soulève des questions importantes sur la redistribution des richesses et la politique fiscale. L’éventuelle introduction d’une taxe sur les plus-values pourrait accentuer les inégalités, pénalisant davantage les « petits » millionnaires qui auront moins de moyens pour optimiser leur patrimoine ou pour réaliser des donations.

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