La guerre en Iran secoue l’économie mondiale, et ses effets commencent à se faire sentir sur le marché immobilier belge. Entre hausses des coûts de construction et des taux hypothécaires, les perspectives sont incertaines. Le secteur immobilier belge pourrait-il résister à cette nouvelle pression économique ?
L’un des effets immédiats de la guerre en Iran est la hausse continue des prix des matériaux de construction, alimentée par l’augmentation des prix des hydrocarbures. Ce phénomène n’est pas nouveau, puisqu’il s’est déjà produit après la crise du Covid et l’inflation de 2022. Aujourd’hui, avec l’aggravation de la situation géopolitique, le secteur immobilier belge craint une répétition de cette dynamique.
La fédération Embuild, représentant les entreprises de construction, prévoit qu’une grande majorité des entreprises redoute une nouvelle flambée des prix, estimant qu’une augmentation de plus de 20 % est probable. Si cette tendance se confirme, les promoteurs immobiliers pourraient être contraints de reporter certains projets en raison de l’incertitude concernant les coûts de construction. Cela pourrait également entraîner un ralentissement des projets de rénovation et de construction de logements neufs, affectant ainsi l’ensemble du marché immobilier.
Des taux hypothécaires en hausse
La guerre en Iran risque également d’accélérer la hausse des taux hypothécaires, déjà amorcée fin 2025. Les emprunts à taux fixe, par exemple pour un crédit de 350 000 euros sur 25 ans, sont désormais négociés à 3,92 %, et cette tendance pourrait continuer à s’accentuer à cause de l’inflation mondiale. L’augmentation des taux hypothécaires a déjà un impact notable sur les finances des acheteurs potentiels, augmentant le coût total des crédits.
Pour contourner la hausse des mensualités, les banques proposent des crédits sur des durées plus longues, notamment des prêts sur 30 ans. Bien que ces crédits semblent attractifs à court terme en raison de mensualités plus faibles, ils engendrent des coûts supplémentaires considérables sur la durée du prêt, parfois de plusieurs milliers d’euros. Cette situation rend l’accessibilité à la propriété encore plus difficile, en particulier pour les jeunes ménages et les primo-accédants.
Le marché immobilier bruxellois : une vulnérabilité accrue
Le marché immobilier bruxellois semble particulièrement vulnérable face à ces évolutions. En 2023, la crise inflationniste avait déjà entraîné une baisse des prix des maisons de 4,5 % à Bruxelles, tandis que dans les autres régions du pays, les prix restaient relativement stables ou légèrement haussaient. La combinaison de la hausse des coûts de construction et des taux d’intérêt devrait continuer à peser sur la demande, notamment à Bruxelles, où le marché est déjà sous pression.
Des solutions à court terme pour soutenir le marché
Face à cette situation préoccupante, plusieurs propositions ont été avancées pour soutenir le marché immobilier belge. Embuild plaide pour une réduction temporaire de la TVA sur la construction neuve, une mesure qui pourrait rendre les projets immobiliers plus accessibles pour les familles. Cependant, certains experts, comme l’économiste Frank Vastmans, estiment que de telles réductions risquent de n’avoir qu’un impact limité sur les prix à long terme, et que cela pourrait également augmenter les prix des terrains à bâtir.
Une autre solution pourrait être la réduction de l’inflation globale, permettant ainsi de baisser les taux hypothécaires et de réduire les coûts des matériaux de construction. Toutefois, une telle solution prendrait du temps et nécessite une plus grande indépendance énergétique vis-à-vis des pays producteurs d’hydrocarbures.








