L’interdiction de fumer en terrasse, tant attendue et souvent débattue, devrait bientôt devenir réalité en Belgique. Cette décision, issue de l’accord gouvernemental « Arizona », va interdire de fumer sur les terrasses des bars et des restaurants.
Bien que la mesure suscite des réactions contrastées, le ministre de la Santé, Frank Vandenbroucke, a confirmé qu’elle suivra son cours. Si l’objectif est de réduire l’exposition au tabagisme passif, l’application concrète de cette interdiction demeure encore floue.
Un consensus politique, mais une forte opposition du secteur Horeca
Le ministre socialiste, Frank Vandenbroucke, a affirmé que l’interdiction de fumer en terrasse « est sur les rails » et qu’aucune discussion n’aura lieu sur ce sujet, selon Le Soir. Cette position ferme, inscrite dans l’accord de gouvernement Arizona, témoigne de la volonté de l’exécutif de maintenir cette réforme. D’après le ministre, l’interdiction fait même l’objet d’un consensus au sein de la coalition gouvernementale.
Cependant, cette réforme rencontre une forte opposition de la part du secteur Horeca. Les propriétaires de bars et de restaurants s’inquiètent de l’impact négatif qu’une telle interdiction pourrait avoir sur leurs établissements. Les terrasses sont, en effet, des lieux très prisés par les fumeurs, qui pourraient être contraints de modifier leurs habitudes ou de choisir d’autres établissements moins restrictifs. Les associations de restaurateurs craignent une baisse de la fréquentation et des recettes dans un secteur déjà fragilisé par les conséquences de la crise sanitaire.
En réponse à ces préoccupations, Frank Vandenbroucke a insisté sur la nécessité de protéger la santé publique et de réduire les risques du tabagisme passif. Pour lui, la mesure est indispensable pour garantir un environnement plus sain pour tous les clients des établissements, qu’ils soient fumeurs ou non.
Les modalités de la réforme encore floues
Si l’intention politique semble claire, la mise en œuvre de l’interdiction reste floue. Aucun calendrier précis n’a été communiqué par le ministre ou son cabinet. Selon les informations recueillies, les détails techniques de la réforme sont encore en cours d’élaboration. Aucun délai concret n’a été avancé pour la promulgation de la loi, et la question de l’accompagnement des acteurs du secteur Horeca n’a pas encore été abordée en profondeur.
Le cabinet de Frank Vandenbroucke a simplement évoqué le fait que « les détails sont encore en cours d’élaboration ». Une telle ambiguïté laisse la porte ouverte à des ajustements et des discussions futures sur la meilleure manière d’appliquer cette interdiction tout en minimisant les impacts sur les établissements concernés.
Certains experts estiment que l’interdiction en terrasse pourrait s’inspirer des modèles déjà en place dans d’autres pays européens, où les terrasses sont généralement considérées comme des espaces publics soumis à des réglementations sanitaires strictes. Les autorités belges pourraient également envisager des exceptions, comme la création de zones fumeurs dédiées, pour satisfaire les besoins des clients fumeurs tout en préservant la santé des autres consommateurs.
L’adhésion du public à cette réforme reste partagée. Si une partie de la population soutient fermement l’interdiction au nom de la protection de la santé, une autre craint que cette mesure n’affecte la convivialité et l’ambiance des lieux publics. Le débat risque donc de continuer à occuper une place importante dans le discours politique et médiatique dans les mois à venir.








