Le gouvernement fédéral ne compte pas abandonner son projet de plafonnement partiel de l’indexation des salaires et des pensions. Malgré la pression syndicale, les manifestations et la proposition alternative du Groupe des Dix, le Premier ministre Bart De Wever a confirmé mercredi à la Chambre que la réforme serait maintenue.
Au lendemain d’une nouvelle journée de mobilisation nationale, Bart De Wever a défendu les réformes économiques de son gouvernement devant les députés fédéraux. Depuis plusieurs mois, les syndicats dénoncent plusieurs mesures de la coalition Arizona, notamment la réforme des pensions et la limitation de l’indexation automatique des salaires.
Les critiques se multiplient également dans l’opposition. À la Chambre, plusieurs élus du PTB et du PS ont vivement attaqué le gouvernement sur les conséquences sociales de ces réformes. La députée du PTB Nathalie Eggermont a notamment rappelé qu’il s’agissait déjà de la quinzième journée de grève contre les mesures du gouvernement.
Le « centenindex » au cœur des tensions
Le principal sujet de contestation reste le « centenindex », le mécanisme d’indexation partielle prévu par le gouvernement fédéral. Le projet prévoit de plafonner l’indexation automatique des salaires au-delà de 4.000 euros brut ainsi que certaines pensions dépassant 2.000 euros brut.
Face à cette réforme, les partenaires sociaux réunis au sein du Groupe des Dix avaient proposé une alternative visant à modifier la prise en compte des prix de l’énergie dans le calcul de l’index. Mais le gouvernement a finalement refusé cette solution.
Bart De Wever invoque trois objectifs derrière l’indexation plafonnée
Pour défendre le maintien de la réforme, Bart De Wever a expliqué que le plafonnement de l’indexation poursuivait trois objectifs majeurs. Selon le Premier ministre, cette mesure doit permettre d’améliorer les finances publiques, renforcer la compétitivité des entreprises belges et protéger le pouvoir d’achat.
Le gouvernement estime que la proposition alternative du Groupe des Dix ne répondait pas correctement à ces trois critères. D’après les analyses du Bureau du Plan, de l’ONSS et du SPF Sécurité sociale, cette alternative présenterait plusieurs problèmes importants.

Un risque budgétaire selon le gouvernement
Bart De Wever affirme notamment que la proposition alternative entraînerait un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros pour les finances publiques. Le gouvernement évoque aussi un risque juridique lié à des différences de traitement entre les secteurs public et privé.
Selon le Premier ministre, cette solution pourrait également avoir des conséquences négatives pour certains bas salaires. Dans un contexte budgétaire déjà très tendu, le gouvernement refuse donc de creuser davantage le déficit public.
« Un fardeau que nous portons tous ensemble »
Bart De Wever a insisté sur la nécessité de réduire le déficit budgétaire belge. « C’est un fardeau que nous portons tous ensemble », a déclaré le Premier ministre devant la Chambre. Le chef du gouvernement affirme malgré tout rester ouvert aux discussions avec les partenaires sociaux, à condition que toute modification soit compensée par d’autres économies.
Malgré cette ouverture limitée, les tensions restent très fortes entre le gouvernement, les syndicats et une partie des employeurs. Le débat autour de l’indexation pourrait encore alimenter de nouvelles mobilisations sociales dans les prochaines semaines.








