Les patrons belges s’inquiètent du coût caché de la réforme de l’indexation

Le plafonnement de l’indexation des salaires suscite de vives inquiétudes chez les employeurs et les partenaires sociaux en Belgique.

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Les patrons belges s’inquiètent du coût caché de la réforme de l’indexation. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le projet du gouvernement fédéral visant à plafonner l’indexation des salaires et des pensions continue de provoquer de fortes tensions en Belgique. Alors que le texte doit revenir à la Chambre ce mercredi, les employeurs multiplient les critiques contre cette mesure qu’ils jugent dangereuse pour la compétitivité des entreprises belges.

Dans son accord budgétaire, le gouvernement fédéral prévoit de limiter à deux reprises durant la législature l’indexation automatique des salaires et des pensions au-delà de certains montants. Concrètement, les salaires dépassant 4.000 euros brut ainsi que les pensions supérieures à 2.000 euros brut seraient concernés par ce plafonnement.

La mesure figure déjà dans la loi-programme du gouvernement mais elle n’a pas encore été définitivement votée par la Chambre. Depuis plusieurs semaines, syndicats et organisations patronales expriment leurs inquiétudes face à cette réforme portée par la coalition Arizona.

Les employeurs redoutent un coût important de la réforme de l’indexation

Les critiques se sont renforcées après la publication de nouveaux calculs du Bureau du Plan. Selon ces estimations rapportées par le Soir, la cotisation de modération salariale prévue dans le cadre de cette réforme pourrait coûter jusqu’à 1,1 milliard d’euros par an aux entreprises belges à partir de 2029.

Cette cotisation correspond à une partie des économies réalisées grâce au plafonnement de l’indexation. Les employeurs devraient la verser à l’ONSS. Les organisations patronales craignent surtout que cette contribution devienne permanente au fil du temps et entraîne finalement une hausse des coûts salariaux.

« Cela nuit à la compétitivité »

Le patron de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB), Pieter Timmermans, s’est montré particulièrement critique envers le projet du gouvernement. Selon lui, « l’indexation en centimes est néfaste » et risque d’affaiblir la compétitivité des entreprises belges. Le dirigeant de la FEB estime également que cette réforme ne constitue pas une véritable mesure économique mais avant tout une mesure budgétaire destinée à améliorer les finances publiques.

Pour les employeurs, cette réforme pourrait donc fragiliser davantage certaines entreprises déjà confrontées à des coûts élevés de l’énergie et du travail.

Une alternative défendue par le Groupe des Dix

Face à ce projet gouvernemental, les partenaires sociaux réunis au sein du Groupe des Dix ont proposé une solution alternative. Lundi matin, cette proposition a été présentée devant le kern, le comité ministériel restreint du gouvernement fédéral. Les partenaires sociaux jugent le système imaginé par le gouvernement « peu transparent » et « administrativement trop complexe ».

Leur proposition vise notamment à modifier la manière dont les prix du gaz et de l’électricité sont pris en compte dans le calcul de l’index. Plutôt qu’une prise en compte mensuelle des fluctuations énergétiques, le Groupe des Dix propose une moyenne mobile sur douze mois afin de lisser les variations des prix.

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