La Banque nationale de Belgique (BNB) tire la sonnette d’alarme sur les finances publiques du pays. Malgré les mesures d’assainissement déjà engagées, le déficit budgétaire belge continuerait de se creuser dans les prochaines années, sans véritable inversion de tendance à l’horizon 2028. L’institution met en garde contre une situation jugée difficilement tenable si aucun compromis politique n’est trouvé.
Selon les projections 2026-2028 publiées vendredi, la BNB anticipe une croissance du PIB de 0,6 % en 2026, après un deuxième trimestre marqué par un ralentissement de l’activité. La reprise resterait progressive avec une croissance estimée à 1,1 % en 2027 puis 1,3 % en 2028, un rythme légèrement supérieur à la moyenne européenne.
Sur le front des prix, l’institution prévoit une inflation moyenne de 3,4 % en 2026, alimentée principalement par la hausse des prix de l’énergie dans le contexte du conflit au Moyen-Orient. La situation reste toutefois jugée différente de la crise de 2022, avec une pression inflationniste plus contenue et un retour progressif vers l’objectif de 2 % attendu d’ici 2028.
Un pouvoir d’achat sous pression
La BNB prévoit une baisse du pouvoir d’achat des ménages en 2026 (-0,5 %), en raison du décalage entre inflation et indexation des salaires, mais aussi de plusieurs réformes sociales récentes. L’absence des carburants dans l’index et certaines limitations des allocations de chômage accentuent cet effet. Une légère reprise serait toutefois attendue dès 2027, portée par une amélioration progressive des salaires réels.
Un déficit public en hausse continue
Le point le plus préoccupant concerne les finances publiques. Malgré les efforts annoncés par le gouvernement, le déficit budgétaire devrait passer de 5,3 % du PIB en 2026 à 5,7 % en 2028, principalement sous l’effet de la hausse des charges d’intérêts. Dans le même temps, la dette publique pourrait atteindre 114,8 % du PIB, un niveau en légère hausse par rapport aux précédentes estimations.
Pour le gouverneur de la BNB, Pierre Wunsch, un déficit supérieur à 5 % du PIB n’est pas soutenable à long terme. Il estime qu’un retour vers 4 % d’ici la fin de la législature serait nécessaire pour préserver la crédibilité financière du pays, ce qui représenterait environ 11 milliards d’euros d’ajustement, hors nouvelles réductions de charges prévues par le gouvernement.
Un appel à des choix politiques plus larges
La BNB insiste sur le fait que la seule réduction des dépenses ne suffira pas. Elle appelle à ouvrir un débat sur les recettes publiques et certaines dépenses structurelles, notamment les soins de santé et les indemnités d’invalidité. “Si chacun campe sur ses lignes rouges, on n’y arrivera pas”, avertit le gouverneur.
Sur le plan de l’emploi, la BNB prévoit environ 90.000 créations nettes d’ici 2028, avec une croissance portée dans un premier temps par les indépendants avant un rebond de l’emploi salarié. Mais l’institution souligne une incertitude majeure : l’impact réel des réformes du marché du travail reste difficile à évaluer.








