Voici comment la Belgique veut transformer 300 milliards d’épargne en moteur de croissance

Plus de 300 milliards d’euros dorment sur les comptes belges, le gouvernement cherche à mobiliser l’épargne vers l’économie réelle.

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Voici comment la Belgique veut transformer 300 milliards d’épargne en moteur de croissance. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Belgique croule sous l’épargne, avec plus de 300 milliards d’euros dormants sur les comptes des ménages. Face à cette réserve massive, le gouvernement cherche des moyens de réveiller cet argent et de le diriger vers l’économie réelle. L’idée d’un compte d’investissement fiscalement avantageux relance le débat public.

L’objectif de ce compte serait d’encourager les particuliers à investir dans des activités productives plutôt que de laisser leur argent dormir. Selon l’organisation patronale flamande Voka, un tel mécanisme pourrait mobiliser jusqu’à 185 milliards d’euros de capital, représentant une part considérable de l’épargne actuellement inactive. La réflexion dépasse le simple débat fiscal : la mobilisation de ces capitaux est devenue un enjeu stratégique, nécessaire pour financer la transition énergétique, la réindustrialisation, l’innovation, le développement des PME et les investissements liés à la défense.

Le gouvernement fédéral a inscrit cet objectif dans son accord de coalition, affirmant vouloir faciliter l’investissement dans les entreprises en croissance, soutenir la transition durable et développer une stratégie de finance durable pour répondre aux défis climatiques, numériques et géopolitiques.

Une mobilisation d’épargne qui a déjà fait ses preuves

Cette réflexion n’est pas nouvelle. Le succès du bon d’État lancé en 2023 par l’ancien ministre Vincent Van Peteghem a montré que les Belges pouvaient mobiliser rapidement leur épargne lorsque les instruments proposés sont simples, lisibles et incitatifs. Depuis, plusieurs idées ont émergé : fonds souverains, obligations pour la transition énergétique, encouragement de l’actionnariat individuel ou financement des PME. Le constat est commun à toutes : le problème n’est pas le manque d’épargne, mais son orientation.

Les questions clés pour orienter les capitaux

Sur le principe, l’objectif de mobiliser l’épargne fait consensus. Pour Marek Hudon, professeur d’économie à la Solvay Brussels School, la vraie question est celle de la destination des capitaux. Selon lui, il faudrait prioriser les secteurs qui peinent à trouver des financements : transition énergétique, innovation, infrastructures ou projets à forte valeur collective. Il souligne également les limites de certains avantages fiscaux existants, qui profitent surtout à des ménages déjà investisseurs, rapporte la Libre.

Le débat ne se limite donc pas aux incitations fiscales. Une mobilisation efficace de l’épargne doit démontrer son utilité collective et orienter les capitaux vers des projets stratégiques et porteurs de sens.

Un projet à l’étude mais pas imminent

La proposition de Jan Jambon a le mérite de remettre le sujet au cœur du débat public. Selon son cabinet, le mécanisme inspiré du modèle suédois est étudié sérieusement, mais il ne faut pas s’attendre à des mesures concrètes avant deux à trois mois. Le gouvernement devra encore définir avec précision les types de projets à financer et les conditions fiscales afin de transformer réellement l’épargne belge en moteur de croissance.

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