Plusieurs secteurs industriels en Belgique ont décidé de ne pas utiliser les flexi-jobs, même pour les travailleurs retraités. Chimie, sidérurgie, verre, papier et carton, pétrole et maroquinerie refusent ce dispositif en raison des contraintes de sécurité et des risques liés aux postes.
Selon Lahoucine Ourhribel, du syndicat ACV-CSC Metea, le refus des industries s’explique par la nature même de leur activité. Les entreprises concernées manipulent des machines lourdes, des produits dangereux et opèrent dans des conditions où la sécurité est primordiale. Pour ces secteurs, il serait risqué de confier certaines tâches à des travailleurs retraités, même pour quelques heures par semaine, en raison des exigences physiques et techniques des postes.
Les sociétés industrielles disposent toutefois d’autres instruments pour gérer les pics d’activité. Elles peuvent augmenter les heures supplémentaires, faire appel à des travailleurs intérimaires, recourir à des contrats à durée déterminée ou externaliser certaines tâches à des sous-traitants spécialisés. Ces solutions sont jugées plus sûres et adaptées aux contraintes spécifiques de ces secteurs, tout en permettant de répondre à la demande ponctuelle sans compromettre la sécurité ou la production.
Le secteur des soins de santé, un cas particulier
Dans le secteur des soins de santé, ni les syndicats ni les employeurs ne sont véritablement favorables aux flexi-jobs. Cependant, la pénurie de main-d’œuvre rend ce dispositif particulièrement attractif. Un accord est sur le point d’être conclu pour permettre aux infirmiers à la retraite de prêter main-forte dans les hôpitaux et les maisons de repos. Cette mesure vise à soulager le personnel en activité tout en offrant aux retraités une opportunité d’activité complémentaire, de manière encadrée et sécurisée.
Une approche sectorielle différenciée en matière de flexi-jobs
Ces décisions montrent que l’adoption des flexi-jobs dépend fortement de la nature du secteur et des risques associés aux postes de travail. Dans les industries à risques ou nécessitant une forte expertise technique, les entreprises privilégient d’autres formes de renfort pour maintenir la production et la sécurité. En revanche, dans les services confrontés à une pénurie de personnel, comme les soins de santé, le dispositif reste pertinent et pourrait être étendu pour répondre aux besoins concrets.
Le recours aux flexi-jobs illustre donc une approche ciblée et pragmatique, adaptée aux réalités de chaque secteur, entre sécurité, efficacité et besoins de main-d’œuvre.








