Belgique : quels salaires pour les professionnels du secteur de l’Horeca ?

Bien que le secteur de l’horeca puisse offrir une expérience enrichissante et un environnement de travail dynamique, il reste relativement peu rémunérateur comparé à d’autres secteurs.

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Travail dans l'horeca
Horeca : quels salaires pour les professionnels du secteur ? : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Travailler dans l’horeca, un secteur apprécié des jeunes et des étudiants, présente de nombreux avantages : variété des tâches, contacts sociaux fréquents, flexibilité des horaires et opportunités d’épanouissement personnel. Cependant, bien que l’industrie offre des emplois accessibles et dynamiques, elle n’est pas toujours synonyme de rémunération élevée. 

Les salaires ont connu une certaine hausse ces dernières années, mais ils restent inférieurs à la moyenne nationale, avec des disparités notables selon l’expérience, le sexe et la localisation géographique. En parallèle, les avantages extralégaux sont limités, et le télétravail reste une exception dans un secteur essentiellement basé sur des métiers de terrain.

Un salaire moyen en hausse mais encore insuffisant

Le salaire brut moyen dans le secteur de l’horeca est de 3.421 euros par mois, selon le dernier Baromètre des salaires Jobat. Ce montant marque une augmentation significative de 19,9% par rapport à 2020, où le salaire moyen était de 2.852 euros. Cependant, malgré cette progression, les salaires dans l’horeca restent bien en dessous de la moyenne nationale, qui est de 4.318 euros par mois pour l’ensemble des secteurs.

Les salaires dans l’horeca varient selon l’expérience professionnelle. Un débutant, avec moins de trois ans d’expérience, touche en moyenne 2.784 euros par mois. Ce montant grimpe à 2.853 euros entre 4 et 5 ans d’expérience, et atteint 3.299 euros pour les 6 à 10 ans de service. Pour ceux ayant plus de 16 ans d’expérience dans le secteur, le salaire moyen se situe autour de 3.829 euros mensuels. Ces chiffres montrent que l’ancienneté permet une certaine progression salariale, bien que celle-ci reste plus modeste que dans d’autres secteurs.

En termes de type de poste, les différences de rémunération sont aussi notables. Les cadres, occupant des fonctions de direction comme les gérants ou les managers de chaînes, bénéficient de salaires nettement plus élevés que les non-cadres, qui occupent des postes comme commis de cuisine, serveurs ou plongeurs. Cette hiérarchie salariale est typique de l’horeca et reflète l’importance des responsabilités associées aux rôles de gestion.

Des disparités importantes selon le sexe, la région et les avantages extralégaux

Malheureusement, le secteur de l’horeca n’échappe pas aux inégalités salariales entre hommes et femmes. En moyenne, les hommes gagnent 3.593 euros par mois, tandis que les femmes touchent 3.125 euros. Cet écart de rémunération, bien que légèrement réduit ces dernières années, reste préoccupant dans un secteur où la proportion de femmes est pourtant importante.

Les différences régionales sont également significatives. Selon la province dans laquelle on travaille, le salaire moyen peut varier considérablement. À Luxembourg, les salariés du secteur gagnent en moyenne 4.364 euros, tandis qu’à Namur, ce salaire tombe à 2.809 euros. D’autres provinces comme Bruxelles (3.794 euros) ou le Brabant flamand (3.703 euros) affichent des salaires intermédiaires. Ces disparités régionales montrent que la rémunération dans l’horeca dépend fortement de l’emplacement géographique et des spécificités locales de chaque marché de l’emploi.

Les avantages extralégaux dans l’horeca sont également limités par rapport à d’autres secteurs. Si près de 7 salariés sur 10 bénéficient d’une prime de fin d’année, d’autres avantages comme le télétravail ou l’abonnement Internet sont peu fréquents. Seulement 13% des employés peuvent bénéficier de la possibilité de travailler à domicile, une option difficilement compatible avec les métiers du terrain comme serveur ou plongeur. De même, l’octroi d’un abonnement Internet, qui reste marginal à 9%, est rarement justifié par le fisc. En termes d’autres avantages, le secteur propose des indemnités de déplacement, des chèques-repas, ou des primes d’assurance hospitalisation, mais les employés de l’horeca ne profitent que de 5,8 avantages extralégaux en moyenne, un chiffre parmi les plus bas de tous les secteurs en Belgique.

En matière de congés, les employés de l’horeca bénéficient en moyenne de 22 jours de vacances par an. Ce chiffre est bien inférieur à celui de secteurs comme l’enseignement, où les employés profitent de 39 jours de congé. Le nombre limité d’avantages extralégaux dans l’horeca témoigne de la nature de l’industrie, souvent marquée par des conditions de travail moins favorables que dans des secteurs plus institutionnalisés.

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