En Wallonie, le chômage de longue durée reste un problème persistant, avec près de 37 000 personnes bénéficiaires d’allocations depuis plus de deux ans et âgées de moins de 55 ans. Le gouvernement a annoncé un tournant majeur dans la politique d’allocations chômage avec la réforme du droit aux aides, prévue pour entrer en vigueur au 1er janvier 2026.
Selon cet accord, les chômeurs dans cette catégorie seront exclus des allocations. À cette date, des mesures devront être prises pour réinsérer ces personnes dans le monde du travail. Toutefois, un grand nombre de défis se posent pour réussir cette réinsertion dans un contexte où l’offre d’emplois est loin d’être abondante.
La réalité de l’offre d’emplois en Wallonie
La question cruciale qui se pose est celle de l’existence réelle d’opportunités d’emploi pour ces 37 000 personnes en Wallonie. Selon les données fournies par le Forem, l’agence pour l’emploi en Wallonie, il existe environ 21 000 offres d’emploi actuellement disponibles dans la région. Ce chiffre semble relativement faible face à un nombre de demandeurs d’emplois qui frôle les 114 000, avec 54 566 d’entre eux étant sans emploi depuis plus de deux ans. De plus, parmi ces chômeurs de longue durée, seulement une fraction semble en mesure de saisir les opportunités proposées. Les métiers disponibles sont souvent dans des secteurs en tension, tels que la logistique, la santé ou la construction, des domaines qui peuvent nécessiter une reconversion professionnelle ou un soutien spécifique pour les demandeurs d’emploi.
Les chômeurs de longue durée rencontrent fréquemment des obstacles à la réintégration, notamment en raison de leur manque de qualifications spécifiques ou de l’inadéquation entre les compétences acquises et celles exigées par les offres. La réorientation vers des secteurs plus porteurs nécessite des investissements conséquents dans la formation continue et la reconversion professionnelle, des mesures qui nécessitent un soutien institutionnel important. Le Forem, bien qu’il déploie des initiatives pour faciliter cette réinsertion, se heurte à des défis considérables pour répondre à cette demande croissante de formation et d’accompagnement.
Les défis liés à la réforme du droit aux allocations chômage
L’annonce de la réforme du droit aux allocations, décidée dans le cadre de l’accord gouvernemental Arizona, aggrave encore cette situation. En effet, au 1er janvier 2026, les chômeurs de longue durée de moins de 55 ans qui perçoivent des allocations depuis plus de deux ans seront exclus des aides financières, à moins qu’ils ne parviennent à retrouver un emploi. Si la réforme vise à encourager le retour à l’emploi, elle pose également des questions sur la capacité des services publics à accompagner efficacement les demandeurs d’emploi dans ce processus.
Le risque est de créer une pression supplémentaire sur un système déjà en difficulté, sans véritable garantie que ces 37 000 personnes trouveront un emploi correspondant à leurs compétences dans les délais impartis. Selon la FGTB wallonne, une grande partie des chômeurs de plus de 55 ans sera également exclue des allocations, augmentant ainsi le nombre de personnes en difficulté. Face à cette situation, l’une des principales inquiétudes est le manque de ressources pour mettre en place des programmes de reconversion efficaces à grande échelle, surtout lorsque l’offre d’emploi reste insuffisante pour tous.








