La pauvreté reste élevée à Bruxelles. Les indicateurs publiés cette semaine confirment une situation qui ne s’améliore pas. Les écarts se creusent. Une partie importante de la population est concernée.
Le Baromètre social publié par l’Observatoire de la Santé et du Social de Bruxelles-Capitale met en évidence une situation qui se dégrade sur plusieurs plans. Le niveau de vie moyen reste inférieur à celui observé dans le reste du pays. L’écart s’est accentué au fil des années, passant d’environ 10 % en 2000 à près de 20 % en 2022. Une part importante de la population vit avec peu ou pas de revenus imposables.
Cette réalité s’explique en partie par la structure démographique de la capitale. Bruxelles attire des profils très différents, ce qui accentue les contrastes sociaux. « Bruxelles connaît des flux migratoires importants car elle est une capitale à forte articulation internationale », explique au Soir Marion Englert, collaboratrice scientifique auprès de l’Observatoire social et coordinatrice du Baromètre 2025. La Région accueille à la fois des ménages précaires et des populations plus aisées.
Une pauvreté qui touche plus d’un habitant sur quatre
Selon les données basées sur les revenus de 2023, 26 % des habitants vivent sous le seuil de risque de pauvreté. Ce niveau reste stable depuis plusieurs années et dépasse nettement celui observé dans les autres régions. À titre de comparaison, ce taux est de 8 % en Flandre, 13 % en Wallonie et 11 % pour l’ensemble du pays. Cette situation concerne une part importante de la population.
Une personne sur cinq dépend d’un revenu de remplacement ou d’une aide sociale. Le nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale (RIS) a fortement augmenté, avec une hausse de 66 % entre 2013 et 2025. Dans le même temps, le nombre de personnes percevant des allocations de chômage a diminué. Cette évolution traduit un changement dans la nature des revenus des ménages les plus fragiles.
Le lien entre emploi et pauvreté reste très marqué dans la capitale. Le taux de risque de pauvreté atteint 60 % chez les personnes sans emploi, contre 9 % chez celles qui travaillent. Bruxelles compte plus de 820 000 emplois, mais environ la moitié est occupée par des travailleurs venant d’autres régions. Cette situation limite l’accès au marché du travail pour une partie des habitants.

Le logement et l’éducation sous pression
Le logement constitue un facteur déterminant dans les conditions de vie. « Le logement est un facteur aggravant de la précarité », souligne Marion Englert. À Bruxelles, 30 % des habitants vivent dans un logement surpeuplé et 24 % occupent un logement présentant des défauts importants. Ces conditions influencent directement le quotidien des ménages concernés.
La pression sur le logement se reflète aussi dans le nombre de demandes. Plus de 55 000 ménages sont actuellement en attente d’un logement social. Cette situation rend l’accès à un logement abordable difficile pour de nombreux habitants. Elle contribue à maintenir des situations de précarité sur le long terme, notamment dans certaines communes plus exposées.
Ces conditions ont également des répercussions sur l’éducation. Les écarts de niveau restent importants, avec une forte proportion de personnes peu qualifiées. Les retards scolaires sont fréquents dans certaines filières. Les conditions de vie, comme le manque d’espace ou de calme, compliquent aussi le travail des élèves et renforcent les inégalités.








