Le gouvernement a confirmé un changement important pour les détenteurs du Livret A. À partir de février 2027, les épargnants pourront déposer davantage d’argent sur ce placement, dont le plafond n’a pas changé depuis plus de treize ans.
L’annonce a été faite par Sébastien Lecornu, mardi 3 novembre, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Le Premier ministre doit désormais mener les dernières consultations avec les banques et la Caisse des dépôts avant de préciser les nouvelles modalités.
Le plafond du Livret A pourra atteindre 30 000 euros
Actuellement fixé à 22 950 euros, le plafond du Livret A pourra, ainsi, passer à un montant compris entre 25 000 et 30 000 euros. Rappelons que ce seuil n’a pas été revalorisé depuis le 1er janvier 2013. Pour l’heure, le gouvernement n’a pas confirmé le montant qui sera finalement retenu. Sébastien Lecornu a chargé Roland Lescure de trancher après une dernière concertation avec les acteurs bancaires et la Caisse des dépôts.
Pour les emprunteurs, la différence sera loin d’être négligeable. Si le plafond atteint 25 000 euros, ils pourront verser 2 050 euros supplémentaires par rapport à la limite actuelle. S’il est porté à 30 000 euros, cette capacité de versement supplémentaire grimpera à 7 050 euros. A noter que cette évolution concernera les nouveaux dépôts. Les intérêts déjà accumulés pourront toujours faire dépasser le plafond réglementaire, comme c’est le cas aujourd’hui.

Par ailleurs, le gouvernement prévoit de revoir le taux de rémunération du placement à la même période. Celui-ci est actuellement fixé à 1,7 %, et ce, depuis le 1er août dernier. Le taux définitif dépendra de la révision prévue en février 2027.
Pourquoi le gouvernement veut-il augmenter le plafond du Livret A ?
Cette réforme doit permettre à l’État de mobiliser davantage l’épargne des Français pour financer plusieurs investissements publics. Le logement social reste la mission historique des fonds centralisés à la Caisse des dépôts, mais leur utilisation doit désormais s’étendre à d’autres secteurs.
Le gouvernement souhaite financer principalement la rénovation des lycées et des collèges, les réseaux d’électricité, les infrastructures d’eau ainsi que l’adaptation des bâtiments publics au changement climatique. Le plan de rénovation des lycées évoqué dans l’annonce représente 4 milliards d’euros. Les fonds du Livret A doivent également contribuer au financement des nouveaux réacteurs nucléaires.
Il faut dire que cette décision intervient alors que l’épargne réglementée connaît une période moins favorable. Selon le rapport publié par la Caisse des dépôts le 22 octobre, les encours cumulés du Livret A et du Livret de développement durable et solidaire (LDDS) atteignaient 606,7 milliards d’euros à la fin septembre. Pourtant, la collecte nette de ces deux placements était négative de 2,22 milliards d’euros sur le mois. Les retraits ont donc dépassé les dépôts.
Le Livret A reste, néanmoins, un placement très répandu. Fin 2025, 58 millions de livrets avaient été recensés en France, soit 83 % de la population détentrice, selon le gouvernement. Son accessibilité et la possibilité de retirer son argent à tout moment en font un outil privilégié pour mobiliser l’épargne des ménages.
Mais cette nouvelle orientation suscite aussi des réserves. Un collectif réunissant des élus de gauche, des associations et des organisations syndicales a demandé le retrait du dispositif prévoyant de mobiliser l’épargne réglementée pour financer les nouveaux réacteurs nucléaires. Ses membres craignent que cette évolution ne réduise les moyens disponibles pour le logement social, qui constitue jusqu’ici l’une des principales missions de cette épargne.








