Le plafond du Livret A pourrait bientôt augmenter de 7 050 euros. La commission des finances de l’Assemblée nationale a approuvé, vendredi 9 octobre, un amendement au budget 2027 qui propose de le faire passer de 22 950 à 30 000 euros. Déposé par Éric Coquerel, député de La France insoumise, le texte vise à mobiliser davantage d’épargne pour financer la rénovation des logements sociaux.
En clair, un particulier peut déposer aujourd’hui jusqu’à 22 950 euros sur son Livret A. Avec le relèvement proposé, il pourrait verser jusqu’à 30 000 euros, soit une capacité de dépôt supplémentaire de 7 050 euros. Ce montant correspond à une hausse du plafond, pas à une somme versée automatiquement aux détenteurs du livret.
Cette mesure fait partie des discussions sur le budget 2027. Le but est de dégager 5 milliards d’euros pour financer des prêts destinés à la rénovation des logements sociaux. Le texte prévoit également d’augmenter la part de l’épargne du Livret A centralisée auprès de la Caisse des dépôts et consignations, qui utilise notamment ces fonds pour accorder des prêts de long terme au secteur du logement social.
Le projet prévoit, aussi, un traitement particulier des intérêts générés par les sommes dépassant le plafond actuel. Selon l’amendement, ces intérêts seraient exonérés de prélèvements sociaux jusqu’au 31 décembre 2029. Pour prolonger cette exonération au-delà de cette date, une disposition spécifique devrait être votée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027.
Il faut cependant retenir que le relèvement du plafond ne signifie pas que chaque épargnant pourra placer 7 050 euros supplémentaires. Seules les personnes ayant déjà atteint, ou presque atteint, le plafond actuel pourraient profiter pleinement de cette marge supplémentaire. Les autres conserveraient la possibilité d’alimenter leur livret dans la limite du nouveau plafond si celui-ci est adopté.

Les banques contestent la hausse du plafond du Livret A
Le projet ne fait pas l’unanimité. La Fédération bancaire française (FBF) s’était déjà opposée à cette possibilité, défendue par la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, pour dégager des moyens supplémentaires en faveur de l’adaptation au changement climatique.
Son président, Olivier Gavalda, estime que le relèvement profiterait surtout aux ménages les plus aisés, plus susceptibles d’avoir déjà atteint le plafond actuel. Il met aussi en avant le coût fiscal d’une augmentation de l’épargne bénéficiant d’un régime avantageux. Selon lui, la mesure « immobiliserait davantage d’épargne dans des placements liquides et garantis plutôt que dans des placements de long terme dont les entreprises ont besoin ».
L’argument des banques porte aussi sur l’utilisation de l’épargne des Français. Ces dernières craignent qu’une part plus importante de l’argent reste sur un placement garanti et disponible, au lieu d’être investie dans les entreprises.







