Pour redresser les finances publiques, le gouvernement cherche encore des économies à réaliser dans le cadre du budget 2027. Parmi les pistes envisagé, les chèques-vacances pourraient être concernés, une initiative qui fait couler beaucoup d’encre.
Dans son projet de budget 2027, présenté le 1er octobre 2026, le gouvernement prévoit de prélever 125 millions d’euros dans les réserves de l’Agence nationale pour les chèques-vacances (ANCV). Selon les estimations gouvernementales rapportées par BFM, cet établissement public disposait de 183,8 millions d’euros de réserves financières fin 2025. Avec la mesure prévue par le gouvernement, ce sont 68 % de ce montant qui sont touchés.
Avec cette initiative, l’objectif du gouvernement est de faire face à l’énorme déficit public de la France. Le gouvernement la présente comme un prélèvement exceptionnel et assure que l’agence conserverait des ressources suffisantes pour poursuivre ses activités. L’exécutif affirme ainsi que l’ANCV disposerait toujours de marges pour assurer « l’équilibre de son modèle économique » et « le respect de ses engagements ».
Créée en 1982, l’agence finance son fonctionnement grâce aux commissions prélevées lors de l’émission et du remboursement des chèques-vacances. En 2025, 4,8 millions de salariés et de travailleurs indépendants ont bénéficié de ce dispositif, selon les données de l’ANCV. L’agence indique également que 1,75 milliard d’euros ont été remboursés au titre des chèques-vacances, des sommes réinjectées dans l’économie française à travers les dépenses d’hébergement, de transport, de restauration et de loisirs.
Les professionnels du tourisme redoutent une réduction des chèques-vacances en 2028
Le projet suscite des inquiétudes dans le secteur touristique. Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR) demande aux parlementaires de s’opposer au prélèvement. Selon l’organisation, « Cette mesure compromettrait le financement des aides au départ en vacances et pénaliserait l’activité des professionnels du tourisme, dont les hôtels, cafés et restaurants ».
La Confédération des acteurs du tourisme (CAT) dénonce également un risque pour le pouvoir d’achat touristique et l’accès aux vacances des ménages modestes. Au-delà des chèques-vacances distribués aux salariés, l’ANCV finance des programmes d’aide sociale au départ en vacances. D’après son dernier bilan annuel, 300 000 personnes ont bénéficié de ces dispositifs.
Il est nécessaire de préciser que le prélèvement annoncé ne absolument signifie pas que les chèques-vacances vont disparaître ou que leurs bénéficiaires subiront automatiquement une réduction de leurs droits dès l’année prochaine. Pour les professionnels, la crainte concerne surtout une diminution progressive des moyens consacrés aux publics les plus fragiles.
Le GHR estime ainsi que les actions sociales pourraient être réduites dès 2028, tandis que les réserves financières risqueraient de s’épuiser à la fin de 2029 si le prélèvement était réalisé. Il s’agit d’une projection du syndicat, contestée dans son principe par les assurances du gouvernement sur la solidité financière de l’agence. À ce stade, le prélèvement de 125 millions d’euros reste une proposition inscrite au budget 2027. Son application dépendra de l’issue des débats parlementaires.








