Depuis le 7 août, les utilisateurs de trottinettes électriques et d’autres engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) doivent porter un casque homologué et un équipement rétroréfléchissant à Paris et dans les trois départements de la petite couronne.
Une mesure destinée à renforcer la sécurité routière, mais qui suscite déjà une vive contestation chez certains représentants des usagers.
Une nouvelle règle à Paris et en petite couronne
L’obligation concerne les EDPM, catégorie qui comprend notamment les trottinettes électriques, monoroues et gyropodes. Elle s’applique à Paris, dans les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, de jour comme de nuit.
Le port du casque et d’un vêtement rétroréfléchissant reste obligatoire même sur les pistes cyclables protégées. Selon E-Santé, le défaut de casque peut être sanctionné par une amende de 135 euros, tandis que l’absence d’équipement réfléchissant expose à une amende de 35 euros. Actu Paris évoque ainsi un montant cumulé pouvant atteindre 170 euros.
La mesure avait d’abord été instaurée dans les Hauts-de-Seine, après la mort d’un adolescent de 13 ans à Rueil-Malmaison, avant d’être étendue par la préfecture de Police de Paris à l’ensemble de la capitale et de la petite couronne.
Les accidents d’EDPM dans le viseur des autorités
Pour justifier ce durcissement, la préfecture s’appuie sur les données de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière. En 2025, 79 utilisateurs d’EDPM sont morts en France, contre 45 l’année précédente.
Près de 1 100 utilisateurs ont également été gravement blessés, soit une progression de 33 % sur un an. Les autorités considèrent que ces engins rendent leurs conducteurs particulièrement vulnérables en cas de collision ou de chute.
La réglementation des trottinettes électriques comporte déjà plusieurs restrictions. Leur utilisation est interdite avant 14 ans, le transport d’un passager est prohibé et la vitesse maximale autorisée est fixée à 25 km/h. Téléphone tenu en main et écouteurs sont également interdits pendant la conduite.
Les usagers dénoncent une différence avec les cyclistes
Ce n’est pas le principe du casque qui concentre les critiques, mais la différence de traitement entre les moyens de transport. Guillaume Blanchard, président de l’Association nationale des utilisateurs de micromobilités électriques, se dit favorable au casque mais réclame une règle nationale et harmonisée.
L’association s’interroge notamment sur l’obligation permanente du gilet rétroréfléchissant. Jusqu’ici, ce type d’équipement était principalement associé à la nuit, au brouillard ou aux conditions de faible visibilité. Mikaël Roux, utilisateur de monoroue et de gyropode interrogé par Actu Paris, juge pour sa part « aberrant » que les cyclistes adultes ne soient pas soumis aux mêmes contraintes.
Une différence de réglementation qui alimente la colère
Pour les cyclistes âgés de 18 ans et plus, le casque reste recommandé mais non obligatoire. Le gilet à haute visibilité répond lui aussi à des règles différentes, notamment hors agglomération lorsque la visibilité est insuffisante.
Cette distinction nourrit le sentiment d’inégalité chez certains utilisateurs d’EDPM, qui rappellent qu’ils sont également soumis à une obligation d’assurance spécifique.
Le débat dépasse donc le seul port du casque. Entre protection des usagers, cohérence réglementaire et partage de l’espace public, la décision francilienne relance la question d’une éventuelle harmonisation des règles entre vélos et nouvelles mobilités électriques. Pour l’heure, l’obligation reste locale : elle ne signifie pas que casque et gilet sont devenus obligatoires pour tous les utilisateurs d’EDPM partout en France.








