Alignée sur l’UE, la Suisse impose 115 nouvelles sanctions à la Russie 

Berne durcit ses mesures contre Moscou et Minsk avec 115 nouvelles entités visées, allant des banques aux navires russes.

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Alignée sur l’UE, la Suisse impose 115 nouvelles sanctions à la Russie : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

La Suisse a annoncé une série de nouvelles sanctions visant la Russie et le Bélarus, en coordination avec les mesures récentes de l’Union européenne. Dès ce soir, 115 nouvelles entités et personnes seront concernées par des interdictions financières et commerciales. 

Ces mesures interviennent dans le cadre de la guerre en Ukraine, alors que les tensions internationales et les pressions économiques sur Moscou s’intensifient. Elles couvrent un large spectre, du complexe militaro-industriel russe à la flotte maritime, en passant par les banques et les nouvelles technologies financières.

Des mesures ciblées sur les secteurs stratégique et commercial

Selon le communiqué publié par le Département fédéral de l’économie, de la formation et de la recherche (DEFR), les sanctions entreront en vigueur à 23h00, ce vendredi. Elles concernent des personnes physiques et morales impliquées dans le complexe militaro-industriel russe, le secteur énergétique, ainsi que des individus participant à la déportation et à l’endoctrinement d’enfants ukrainiens.

En pratique, les entités ciblées verront leurs avoirs gelés et se verront interdites de mettre à disposition des ressources économiques sur le territoire suisse. Elles ne pourront pas non plus entrer ou transiter en Suisse.

Parmi les nouvelles entreprises ciblées, sept situées dans des pays tiers ne sont pas encore sanctionnées directement, mais des mesures opérationnelles ont été mises en place pour éviter tout contournement des restrictions.

Dans le commerce, 60 entreprises supplémentaires sont soumises à des contrôles à l’exportation plus stricts, notamment pour empêcher la livraison de biens critiques au complexe militaro-industriel russe.

L’objectif affiché par Berne est de renforcer la pression économique et de limiter la capacité de la Russie à poursuivre ses activités militaires et énergétiques dans le cadre du conflit en Ukraine.

Contrer la flotte russe et encadrer les transactions financières

Les nouvelles sanctions s’étendent également au domaine maritime. 46 navires russes sont désormais frappés par des interdictions d’achat, de vente et d’accès à des services maritimes, tandis que 11 navires voient leurs restrictions levées.

De plus, deux ports russes et un port dans un pays tiers utilisés pour le transport de produits pétroliers sont frappés par une interdiction de transaction, avec des exceptions alignées sur celles appliquées par l’UE.

Dans le secteur financier, 20 banques russes et sept intermédiaires financiers situés dans des pays tiers se voient interdits de participer à toute transaction pouvant contourner les sanctions contre Moscou. Une interdiction spécifique concerne également l’utilisation de la cryptomonnaie RUBx et du rouble numérique, effective à partir du 26 mai.

Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du 20e paquet de sanctions de l’UE, que la Suisse a repris, et couvrent les secteurs de la finance, de l’énergie et du commerce. Le Conseil fédéral examinera d’autres mesures complémentaires dans les semaines à venir, afin de s’assurer que les sanctions restent efficaces et cohérentes avec celles de l’Union européenne.

Avec cette série de mesures, Berne cherche à éviter que son territoire ne devienne un point de contournement des sanctions européennes, tout en ciblant des secteurs clés de l’économie et de la logistique russes. L’inclusion de la flotte, des banques et de la cryptomonnaie démontre l’élargissement progressif des outils économiques utilisés pour exercer une pression internationale coordonnée sur la Russie.

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