Des pharmacies aux supermarchés : ces secteurs suisses sont les premiers touchés par la guerre en Iran 

La guerre en Iran fait grimper les prix et menace plusieurs secteurs en Suisse, des médicaments aux produits du quotidien.

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Des pharmacies aux supermarchés : ces secteurs suisses sont les premiers touchés par la guerre en Iran : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

La guerre en Iran dépasse largement le cadre régional et commence à produire des effets économiques tangibles en Suisse. Ce conflit, qui perturbe des routes commerciales stratégiques, exerce une pression croissante sur plusieurs secteurs clés.

Dans un pays fortement dépendant des importations, ces tensions se traduisent déjà par des hausses de prix et des risques de pénuries. À mesure que la situation se prolonge, les répercussions pourraient s’ancrer durablement dans le quotidien des consommateurs.

Une flambée des coûts énergétiques qui se diffuse à toute l’économie

Depuis environ deux mois, le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz a fortement reculé, conséquence directe du conflit en cours. Ce passage stratégique, par lequel transite une part importante du pétrole mondial, joue un rôle central dans l’équilibre des marchés énergétiques. Le blocage partiel de cette route a propulsé le prix du baril à plus de 126 dollars, un niveau inédit depuis quatre ans.

En Suisse, cette hausse ne se limite pas au prix du carburant. Le pétrole et le gaz entrent dans la fabrication de nombreux biens, ce qui entraîne une augmentation généralisée des coûts de production. L’Office fédéral pour l’approvisionnement économique du pays (OFAE) anticipe d’ailleurs une diminution des livraisons vers l’Europe dès le mois de mai, signe que les tensions pourraient encore s’intensifier.

Les entreprises sont directement confrontées à cette situation, entre renchérissement des matières premières et allongement des délais logistiques. Ces contraintes se répercutent progressivement sur les prix finaux, touchant un large éventail de produits. Les experts redoutent que le détroit d’Ormuz reste perturbé sur la durée, ce qui maintiendrait une pression élevée sur les marchés et prolongerait les effets sur l’économie suisse.

Médicaments, agriculture et plastiques: des secteurs sous pression

Au-delà de l’énergie, plusieurs domaines essentiels montrent déjà des signes de fragilité. Le secteur pharmaceutique, en particulier, pourrait être exposé à de nouvelles tensions. La Suisse fait face depuis plusieurs années à des difficultés d’approvisionnement en médicaments, et la situation actuelle risque d’aggraver ces déséquilibres. De nombreux traitements reposent sur des composants issus du pétrole, ce qui les rend sensibles aux perturbations actuelles.

Pour l’heure, les autorités et l’Association des entreprises pharmaceutiques en Suisse (Vips) jugent la situation encore stable, indique Blick. Mais les inquiétudes grandissent, d’autant que la guerre coïncide avec un différend commercial avec les États-Unis. Washington envisage d’imposer des droits de douane de 15 % sur les médicaments brevetés. Pour Marcel Plattner, président de Vips, le contexte est «alarmant». Des retards dans l’arrivée de nouvelles thérapies sont envisagés, voire leur absence sur le marché suisse.

Les conséquences pourraient être concrètes pour les patients. Certains produits spécifiques, comme les antibiotiques, les vaccins ou les médicaments pédiatriques, pourraient devenir plus difficiles à obtenir. Les marges de manœuvre restent limitées: chaque nouveau fournisseur doit être validé par Swissmedic, une procédure qui peut durer entre un et deux ans. Les réserves obligatoires de la Confédération, quant à elles, couvrent seulement deux à quatre mois.

L’agriculture est également concernée à travers la hausse des prix des engrais, qui ont déjà augmenté de 30 % en Europe. Si les agriculteurs suisses disposent encore de stocks suffisants pour la saison en cours, la dépendance aux marchés internationaux reste forte. Des pays comme le Brésil, la Turquie ou le Mexique, producteurs de denrées de base, sont eux aussi affectés. «Notre système alimentaire est complètement interconnecté», rappelle Charlotte Pavageau, de la fondation Biovision, citée par le journal spécialisé «Schweizer Bauer». Une baisse des rendements dans ces régions pourrait se répercuter indirectement sur la Suisse.

Le secteur du plastique subit lui aussi les effets de la crise. Les matières premières issues des combustibles fossiles deviennent plus difficiles à obtenir, entraînant une hausse des prix et des délais de livraison plus longs. Selon l’association Kunststoff Swiss, les difficultés d’approvisionnement se multiplient. Or, ces matériaux sont indispensables à la fabrication d’emballages.

Cette situation pourrait affecter la disponibilité de nombreux produits du quotidien, des boissons en bouteilles PET aux articles ménagers, en passant par les produits d’hygiène ou les emballages alimentaires. À terme, l’augmentation des coûts d’emballage risque de se répercuter directement sur les prix en magasin. Pour les consommateurs suisses, les effets de ce conflit lointain deviennent ainsi de plus en plus concrets.

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