La pression reste forte sur le budget des ménages suisses. Selon le dernier indice des prix publié par Comparis avec l’Institut KOF de l’EPF Zurich, les prix du logement et de la mobilité ont progressé de 1,7% en mai 2026 par rapport à mai 2025. À titre de comparaison, le renchérissement général mesuré par l’Office fédéral de la statistique s’établit à 0,6%.
Ce décalage est loin d’être anodin. Le logement et la mobilité représentent environ 40% de la consommation quotidienne d’une famille moyenne en Suisse. Pour un ménage qui dépensait l’an dernier 2500 francs de loyer, 1000 francs pour la voiture et 200 francs pour les transports publics, la hausse représente environ 63 francs de plus par mois. Sur une année, cela équivaut à 756 francs supplémentaires.
Les carburants pèsent lourd sur la facture
La hausse la plus spectaculaire concerne les carburants. Leur prix a bondi de 12,7% sur un an, selon le communiqué de Comparis. Aucun autre poste analysé n’a enregistré une progression aussi forte sur douze mois.
Cette flambée est liée à la hausse des prix du pétrole brut et des huiles minérales, dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient. Pour les automobilistes, l’impact se ressent directement à la pompe. Faire le plein coûte plus cher, alors que la voiture reste indispensable pour de nombreux ménages, notamment hors des grands centres urbains.
Comparis recommande de comparer les prix entre stations-service, car les écarts peuvent être importants selon les régions. Une conduite plus souple, avec moins d’accélérations et de freinages brusques, ainsi qu’un contrôle régulier de la pression des pneus, peuvent aussi aider à réduire la consommation.
Le mazout explose, le gaz recule
Le chauffage alourdit lui aussi la facture. Les coûts de l’énergie de chauffage, qui regroupent gaz, mazout, bois et chauffage à distance, ont augmenté de 11,4% sur un an. Mais tous les modes de chauffage ne sont pas touchés de la même manière.
Le mazout affiche une envolée de 37,1%. Le bois de chauffage progresse de 8,8%. À l’inverse, le chauffage à distance recule légèrement de 0,7%, tandis que le gaz baisse de 3,7%.
Cette différence s’explique par la formation des prix. Le mazout réagit rapidement aux tensions géopolitiques et aux risques de pénurie. Le gaz, lui, évolue souvent avec retard, notamment en raison de contrats à long terme et de tarifs réglementés.
Des hausses difficiles à éviter
La hausse du logement et de la mobilité touche des postes de dépenses difficiles à réduire rapidement. On ne change pas facilement de logement, de mode de chauffage ou de moyen de transport. C’est ce qui rend ce renchérissement particulièrement sensible pour les ménages.
Les différences régionales sont également marquées. Le Tessin enregistre le renchérissement le plus élevé, avec plus de 2,1% sur un an. En Suisse alémanique et dans les régions romanches, la hausse est plus contenue, autour de 1,6%.
Pour limiter la casse côté chauffage, Comparis conseille de ne pas dépasser 22 degrés pendant la période froide, de bien aérer, de fermer les volets et rideaux la nuit, et de ne pas bloquer les radiateurs. Des gestes simples, mais qui peuvent aider à contenir une facture devenue plus lourde.








