L’inflation au-dessus de l’objectif : la BCE annonce sa première hausse des taux depuis 2023 pour reprendre la main

La Banque centrale européenne a relevé son taux de dépôt à 2,25%, une première hausse depuis 2023. Objectif : contenir le regain d’inflation provoqué par la flambée des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen-Orient.

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L’inflation au-dessus de l’objectif : la BCE annonce sa première hausse des taux depuis 2023 pour reprendre la main : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

La Banque centrale européenne change de cap. Après plusieurs mois de pause, elle a relevé jeudi son principal taux de dépôt à 2,25%, afin de répondre au regain d’inflation provoqué par les tensions au Moyen-Orient. 

Une décision forte, mais risquée, dans une zone euro déjà fragilisée par le ralentissement économique. Un choix délicat, car cette hausse des taux pourrait aussi peser sur le crédit, l’investissement et la reprise économique en zone euro.

Une première hausse depuis 2023

La BCE a décidé d’augmenter son taux de dépôt d’un quart de point, le portant à 2,25%. Ce taux, qui sert de référence dans la politique monétaire européenne, était resté inchangé depuis juillet 2025. Il s’agit aussi de la première hausse depuis 2023.

Selon la RTS, cette décision était largement attendue par les économistes. Elle intervient dans un contexte marqué par une remontée de l’inflation, passée à 3,2% en mai dans la zone euro. Ce niveau reste nettement supérieur à l’objectif de 2% fixé par la BCE.

Le conflit au Moyen-Orient a changé la donne. La fermeture du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le transport de pétrole, a provoqué une flambée des prix de l’énergie. Cette hausse s’est rapidement répercutée sur les perspectives économiques de la zone euro.

La BCE explique vouloir rester en position de force face à l’incertitude provoquée par la guerre. En relevant ses taux, elle cherche à montrer qu’elle ne laissera pas l’inflation s’installer durablement.

La BCE veut éviter l’erreur de 2022

Cette décision porte aussi la trace d’un souvenir encore très présent à Francfort. En 2022, la BCE avait été critiquée pour avoir réagi trop tard à la poussée inflationniste provoquée par la guerre en Ukraine. Cette fois, les gardiens de l’euro veulent éviter d’être accusés d’attentisme.

Relever les taux permet de rendre le crédit plus cher. Les ménages empruntent moins facilement, les entreprises investissent avec plus de prudence et la demande ralentit. C’est précisément ce que recherche la BCE pour limiter la hausse des prix.

Mais ce remède peut aussi peser sur l’activité. La zone euro n’est pas dans une phase de grande forme. Son PIB a reculé de 0,2% au premier trimestre, notamment sous l’effet d’une correction importante en Irlande. Les conséquences du conflit au Moyen-Orient devraient également peser sur le trimestre en cours.

C’est pourquoi plusieurs économistes jugent le moment délicat. La BCE agit plus vite que d’autres grandes banques centrales occidentales, qui semblent préférer attendre avant de durcir leur politique monétaire.

Le choix est donc sensible. D’un côté, l’inflation repart à la hausse et oblige la BCE à défendre sa crédibilité. De l’autre, une hausse des taux risque d’ajouter une pression supplémentaire sur une économie déjà essoufflée.

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