La relève est bien là. Comme chaque année, le magazine économique Bilanz dévoile son classement des 100 personnes de moins de 40 ans les plus fortunées de Suisse, offrant un aperçu fascinant des nouvelles dynamiques de richesse dans le pays.
Derrière les chiffres impressionnants se cachent des profils très différents, allant des héritiers de grandes dynasties industrielles aux entrepreneurs de la finance numérique, en passant par des sportifs devenus de véritables marques à eux seuls. L’édition 2026 se distingue par l’arrivée de 19 nouveaux noms, preuve que les fortunes helvétiques continuent de se renouveler à un rythme soutenu.
Héritiers, investisseurs et entrepreneurs occupent le sommet du classement
Pour figurer dans le classement «100 unter 40» de Bilanz, il faut remplir plusieurs conditions: être âgé de moins de 40 ans, posséder un passeport suisse ou être domicilié en Suisse, et disposer d’une fortune minimale de 2 millions de francs. Les personnalités retenues sont réparties en trois grandes catégories: les entrepreneurs, les héritiers et les célébrités.
Cette année, le nom qui domine largement le classement est celui de David Wertheimer. À 39 ans, le fils de Gérard Wertheimer, copropriétaire du géant du luxe Chanel, affiche une fortune estimée entre 5 et 6 milliards de francs. Une somme qui en fait le représentant le plus riche de cette sélection. S’il bénéficie d’un patrimoine familial considérable, il ne se contente pas de gérer son héritage. Il développe également ses propres activités à travers 1686 Partners, une plateforme d’investissement spécialisée dans les entreprises liées au lifestyle et aux nouvelles tendances de consommation, explique Blick.
Autre figure marquante de cette édition, Kyril Louis-Dreyfus incarne la nouvelle génération des grands héritiers internationaux installés en Suisse. Le Zurichois de 28 ans possède une fortune estimée entre 1,5 et 2 milliards de francs. Son nom est surtout connu du grand public depuis son rachat majoritaire de l’AFC Sunderland en 2021. Acquis pour un montant estimé entre 20 et 50 millions de livres sterling, le club anglais a retrouvé la Premier League et s’est même qualifié pour l’Europa League après son retour parmi l’élite. Une progression sportive qui a fortement contribué à accroître la valeur de l’institution.
La véritable source de sa fortune reste toutefois sa participation dans le groupe familial Louis Dreyfus Company, l’un des poids lourds mondiaux du négoce agricole. Sa mère, Margarita Louis-Dreyfus, préside toujours le groupe. Le classement de Bilanz précise d’ailleurs que les héritiers ne sont retenus que s’ils exercent une activité entrepreneuriale ou économique concrète, excluant ceux qui se limiteraient à gérer passivement leur patrimoine.
Dans la catégorie des entrepreneurs, Hany Rashwan conserve une place à part. Âgé de 36 ans, ce Zurichois d’adoption est cofondateur de 21Shares, une société spécialisée dans les produits financiers liés aux cryptomonnaies. Sa fortune est aujourd’hui évaluée entre 500 et 600 millions de francs. Son parcours illustre le poids grandissant des technologies financières dans la création de richesse en Suisse, un secteur qui continue d’attirer capitaux et investisseurs malgré les fluctuations du marché des actifs numériques.
Les stars du sport et les success stories suisses s’imposent aussi parmi les grandes fortunes
Si les héritiers et les entrepreneurs dominent les premières places du classement, les sportifs restent des acteurs majeurs de cette nouvelle génération de millionnaires.
Le Genevois Clint Capela en est l’un des meilleurs exemples. Présent en NBA depuis 2014, le pivot suisse évolue actuellement sous les couleurs des Houston Rockets. Grâce à ses contrats sportifs et à ses revenus commerciaux, sa fortune est estimée entre 50 et 100 millions de francs. Un niveau comparable à celui d’Ivan Rakitic.
L’ancien international croate, formé au FC Bâle avant de connaître une carrière exceptionnelle en Europe, a raccroché les crampons mais demeure actif dans le football. À 38 ans, il occupe désormais le poste de directeur technique du Hajduk Split. Son patrimoine est lui aussi évalué entre 50 et 100 millions de francs.
Parmi les personnalités les plus populaires du classement figure également Andri Ragettli. Le spécialiste grison du ski freestyle, âgé de 27 ans, est devenu bien plus qu’un simple sportif de haut niveau. Grâce à des vidéos spectaculaires publiées sur les réseaux sociaux, il rassemble des millions de vues à travers le monde et attire de nombreux partenaires commerciaux. Cette exposition lui a permis de construire une véritable marque personnelle, avec une fortune estimée entre 2 et 5 millions de francs.
La réussite d’Alexandra Lüönd illustre une autre facette de la création de richesse en Suisse. Avec son frère Patrick, elle a lancé Beauty2Go en 2017 avec un capital de départ de seulement 2 000 francs. Huit ans plus tard, l’entreprise exploite un réseau de huit cliniques esthétiques réparties dans le pays. À 39 ans, Alexandra Lüönd est devenue la femme la plus riche du classement, avec une fortune estimée entre 20 et 50 millions de francs. Depuis 2025, elle préside le conseil d’administration de l’entreprise après avoir quitté la direction opérationnelle.
Au-delà des montants impressionnants, cette édition 2026 met en lumière une transformation profonde du paysage économique suisse. Les fortunes les plus importantes ne proviennent plus exclusivement des secteurs traditionnels. Finance numérique, investissements, sport professionnel, réseaux sociaux et nouvelles entreprises de services participent désormais à la création des grandes fortunes de demain. Un constat qui reflète l’évolution d’une économie suisse toujours capable de faire émerger de nouveaux visages parmi ses plus grandes réussites.








