Après Bernina et Bally, une autre entreprise suisse délocalise sa production, plus de 100 emplois supprimés 

Après Bernina et Bally, une nouvelle entreprise suisse choisit de déplacer sa production à l’étranger pour réduire ses coûts.

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Après Bernina et Bally, une autre entreprise suisse délocalise sa production, plus de 100 emplois supprimés : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Le secteur industriel suisse continue de faire face à des restructurations liées aux coûts de production et à la concurrence internationale. Cette fois, c’est l’entreprise Siegwerk, spécialisée dans les encres d’imprimerie, qui annonce l’arrêt de sa production dans le Seeland bernois. 

Le groupe va fermer son site de Bargen et transférer ses activités industrielles vers la Turquie, entraînant la suppression de plus de 100 postes. Cette décision s’ajoute à d’autres annonces récentes de délocalisations en Suisse, dans un contexte où plusieurs entreprises cherchent à réduire leurs coûts et à se rapprocher de marchés jugés plus porteurs.

La production de Siegwerk quitte le Seeland bernois pour la Turquie

L’entreprise Siegwerk ne produira bientôt plus d’encres d’imprimerie en Suisse. Le groupe a décidé de fermer son site de Bargen, situé dans le Seeland bernois, et de concentrer sa production à Tuzla, dans la banlieue d’Istanbul, où il dispose déjà d’une implantation industrielle.

Cette réorganisation entraîne la suppression de plus de 100 emplois. Selon les informations publiées par le média local Ajour et reprises par 20 Minutes, seule la division technologique de l’entreprise restera en Suisse.

La décision intervient après plusieurs autres restructurations industrielles annoncées ces dernières semaines dans le pays. Les groupes Bernina et Bally avaient eux aussi confirmé des transferts d’activités ou des réductions de production hors de Suisse.

Siegwerk explique ce choix par plusieurs facteurs économiques. L’entreprise évoque notamment les coûts de production élevés en Suisse, un problème régulièrement cité par les sociétés industrielles exportatrices. Le franc fort figure également parmi les difficultés mises en avant par le groupe.

Une monnaie suisse élevée rend les produits fabriqués dans le pays plus coûteux sur les marchés internationaux, ce qui peut réduire la compétitivité face à des concurrents implantés dans des régions où les charges industrielles et salariales sont plus faibles.

Le groupe souligne aussi une baisse de la demande pour les encres d’impression. Ce secteur subit depuis plusieurs années les conséquences de la diminution progressive des volumes d’impression dans différents domaines liés à l’édition et à la communication papier.

Un plan social négocié pour accompagner les salariés concernés

Face à cette fermeture, un plan social a été conclu pour les employés touchés par la suppression des postes.

Selon les informations communiquées, environ 70 % des salariés concernés devraient recevoir une indemnité équivalente à au moins un demi-salaire annuel. L’objectif affiché est d’accompagner financièrement les collaborateurs confrontés à la disparition de leur emploi.

L’entreprise a également mis en place un système de bonus destiné aux employés qui resteront jusqu’à la fermeture définitive du site. Les personnes concernées recevront un demi-salaire mensuel supplémentaire si elles poursuivent leur activité jusqu’au dernier jour de travail.

Siegwerk affirme aussi vouloir réorienter davantage son développement vers des régions où les perspectives de croissance apparaissent plus importantes. Le groupe cite notamment l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Afrique parmi les marchés considérés comme stratégiques.

Depuis la Turquie, l’entreprise estime pouvoir desservir ces zones de manière plus avantageuse sur le plan logistique et économique. La position géographique du pays ainsi que ses coûts de production plus compétitifs semblent avoir joué un rôle central dans la décision du groupe.

Cette fermeture illustre une nouvelle fois les tensions auxquelles une partie de l’industrie suisse reste confrontée. Entre la pression du franc fort, les coûts de fabrication et l’évolution de certains marchés traditionnels, plusieurs entreprises revoient actuellement leur organisation industrielle.

Même si Siegwerk maintient une partie de ses activités technologiques en Suisse, la disparition de la production à Bargen marque une nouvelle étape dans la transformation du paysage manufacturier du Seeland bernois.

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