Le Conseil fédéral choisit la version la plus dure contre UBS et déclenche une levée de boucliers

UBS devra lever 20 milliards de fonds propres selon le Conseil fédéral, une mesure contestée par la banque et plusieurs cantons.

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Conseil Federal
Le Conseil fédéral choisit la version la plus dure contre UBS et déclenche une levée de boucliers : Crédit : Pascal Mora/Bloomberg | Econostrum.info - Suisse

Le durcissement de la régulation bancaire en Suisse entre dans une phase décisive après les annonces du Conseil fédéral. Le gouvernement veut imposer de nouvelles exigences aux établissements d’importance systémique, avec UBS en première ligne. 

Cette réforme intervient dans un contexte encore marqué par la disparition de Credit Suisse et les inquiétudes liées aux banques dites « too big to fail ». Elle ouvre un débat sensible entre sécurité financière, compétitivité économique et rôle de la Suisse sur la scène internationale.

Une exigence de 20 milliards qui vise directement UBS

Le Conseil fédéral a validé un projet de loi qui impose aux grandes banques suisses de couvrir entièrement leurs participations dans des filiales étrangères à l’aide de fonds propres de base durs. Cette mesure concerne en priorité UBS, désormais seule banque d’importance systémique du pays après le rachat de Credit Suisse. Concrètement, l’établissement devra renforcer ses fonds propres à hauteur d’environ 20 milliards de dollars, selon les estimations des autorités.

L’objectif affiché est de limiter les risques en cas de crise internationale. En obligeant les banques à garantir la totalité de leurs engagements à l’étranger, le gouvernement entend éviter qu’une défaillance d’une filiale ne mette en danger la maison mère en Suisse. Cette approche vise aussi à réduire la probabilité d’une intervention de l’État ou d’une procédure de liquidation, protégeant ainsi les contribuables.

Le projet sera soumis au Parlement dès cet été, marquant le début d’un processus législatif qui s’annonce intense, selon Blick. Pour les autorités, cette réforme constitue une réponse directe aux failles révélées par la crise de Credit Suisse. Elle s’inscrit dans une volonté plus large de renforcer la résilience du système bancaire helvétique, tout en rassurant les marchés et les partenaires internationaux.

Une opposition frontale d’UBS et des inquiétudes politiques

Face à ce projet, UBS affiche une opposition nette et continue. La banque juge le paquet de mesures « extrême » et estime qu’il ne tient pas compte des remarques formulées lors de la phase de consultation. Elle avertit que l’application de ces règles pourrait avoir des conséquences importantes sur l’économie suisse, notamment en affectant sa rentabilité et sa capacité à concurrencer les grandes institutions étrangères.

Cette position est partagée par plusieurs acteurs politiques et économiques. Les cantons de Genève, Zurich et du Tessin ont exprimé leur déception face au choix du Conseil fédéral d’opter pour la variante la plus restrictive. Dans un communiqué commun, ils dénoncent une approche maximale qui, selon eux, dépasse les standards appliqués dans d’autres places financières comparables, comme l’indique Watson. Ils mettent en garde contre un risque de surréglementation susceptible d’affaiblir l’attractivité de la Suisse.

Ces cantons, fortement liés aux activités financières internationales, soulignent également les conséquences potentielles sur l’emploi et les recettes fiscales. Une baisse de la rentabilité d’UBS pourrait en effet se répercuter sur les finances publiques locales. Ils rappellent avoir proposé des alternatives plus modérées, qui auraient permis de renforcer la solidité de la banque sans imposer des contraintes aussi lourdes.

UBS, de son côté, critique certains éléments du projet qu’elle considère comme trompeurs et poursuit son analyse détaillée du texte. La banque prévoit de s’exprimer à nouveau, notamment à l’occasion de la publication de ses résultats trimestriels. Le débat s’annonce donc animé au Parlement, où les différentes parties tenteront de trouver un équilibre entre stabilité financière et compétitivité économique.

Dans un contexte international déjà marqué par des incertitudes, la Suisse se retrouve face à un choix stratégique. Renforcer la sécurité de son système bancaire ou préserver la flexibilité de sa place financière constitue un dilemme majeur. Les discussions à venir seront déterminantes pour définir le cadre dans lequel UBS et l’ensemble du secteur évolueront dans les années à venir.

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