Les finances des cantons suisses pour 2025 affichent des résultats globalement positifs, bien au-delà des prévisions. Si une large majorité des cantons présente des comptes excédentaires, les autorités restent néanmoins prudentes face à un environnement économique incertain.
Avec des prévisions de recettes fiscales meilleures que prévu, la plupart des cantons bénéficient d’une situation financière favorable. Cependant, malgré ces excédents, la rigueur budgétaire demeure la priorité, en raison des incertitudes internationales et des défis économiques à venir.
Des excédents en grande majorité, mais une gestion toujours sous surveillance
Sur les 26 cantons suisses, 20 ont enregistré des résultats bénéficiaires pour l’année 2025, une performance bien meilleure que celle projetée dans de nombreux cas. Le canton de Berne se distingue particulièrement, affichant un excédent de 873 millions de francs, soit 631 millions de plus que prévu. Cette surperformance s’explique par une gestion fiscale efficace, notamment grâce à une augmentation des recettes fiscales et une maîtrise rigoureuse des charges. La reprise des versements de la Banque nationale suisse a également contribué à renforcer les finances cantonales, apportant des fonds supplémentaires à plusieurs cantons.
Dans la région de la Suisse romande, tous les cantons, à l’exception de Vaud, présentent des comptes bénéficiaires. Genève, Fribourg et Neuchâtel bénéficient d’une solide croissance économique, soutenue par des recettes fiscales élevées, notamment issues des entreprises. Ce dynamisme économique permet à ces cantons de maintenir un équilibre financier stable, ce qui est d’autant plus significatif dans un contexte global incertain.
Cependant, tous les cantons ne sont pas dans une situation aussi favorable. Quatre cantons présentent des déficits, et deux autres, le Tessin et Schaffhouse, n’ont pas encore publié leurs comptes pour 2025., selon Watson Ces situations révèlent que la gestion financière des cantons suisses n’est pas uniforme, et que certains d’entre eux se trouvent confrontés à des défis plus importants en matière de recettes fiscales et de charges publiques.
La prudence face à un environnement économique mondial instable
Malgré ces excédents, les gouvernements cantonaux restent prudents et privilégient une gestion stricte des finances. Cette prudence est d’autant plus justifiée par un contexte international marqué par des tensions géopolitiques et une instabilité économique persistante. La Confédération suisse a récemment mis en place un programme d’économies, visant à réduire certaines dépenses publiques et à rationaliser les investissements à l’échelle nationale. Ces mesures ont un impact direct sur les cantons, qui devront peut-être faire face à une réduction des transferts financiers de la part de la Confédération dans les années à venir.
Dans ce contexte d’incertitudes, les autorités cantonales préfèrent éviter tout excès de confiance. L’objectif est de maintenir une flexibilité budgétaire suffisante pour pouvoir réagir aux fluctuations économiques imprévues. Alors que de nombreux cantons profitent de solides excédents pour renforcer leurs finances, ils doivent aussi se préparer à d’éventuelles turbulences économiques. La situation financière actuelle ne doit pas être un prétexte à l’augmentation des dépenses, mais plutôt un moyen de consolider les réserves et d’assurer une stabilité à long terme.
Les cantons devront également faire face à des défis spécifiques, comme la hausse des coûts liés à l’inflation et à la gestion des services publics. Dans ce contexte, la rigueur budgétaire ne concerne pas uniquement les dépenses, mais aussi une gestion proactive de l’endettement. Le taux d’intérêt élevé et l’augmentation des coûts des emprunts rendent la gestion de la dette plus complexe, obligeant les autorités cantonales à prendre en compte ces éléments dans leurs prévisions financières à moyen terme.








