Aldi Now, c’est fini : le discounter abandonne la livraison de courses  après 4 ans d’activité

Après quatre ans d’expérimentation, Aldi Suisse coupe le moteur de son service de livraison à domicile. Un nouvel abandon qui montre à quel point livrer les courses reste un casse-tête coûteux en Suisse.

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Aldi Now, c’est fini : le discounter abandonne la livraison de courses après quatre ans d’activité : Crédit : Tamedia AG/Christian Pfander | Econostrum.info - Suisse

Aldi Suisse met un terme à une expérience lancée en pleine accélération du commerce alimentaire en ligne. Son service « Aldi Now », qui permettait de faire livrer ses courses directement à domicile, va progressivement disparaître dans plusieurs régions du pays. 

Après une phase d’expansion rapide, le discounter préfère désormais recentrer ses efforts sur son modèle historique de magasins à bas prix. Cette décision illustre surtout les difficultés persistantes à rentabiliser la livraison de courses en Suisse.

Aldi Now disparaît progressivement des villes suisses

Les premiers clients concernés ont déjà été avertis, selon la SonntagsZeitung. À Berne, Bussigny, Genève, Lucerne, Bâle et Adliswil, les livraisons devraient prendre fin à la fin du mois.

La grande région de Zurich devrait suivre en septembre. Le service, lancé en 2022, aura donc fonctionné pendant environ quatre ans.

Aldi Now avait pourtant rapidement gagné du terrain. À son apogée, le service couvrait 346 zones postales et permettait aux consommateurs de commander une partie de l’assortiment du discounter sans se rendre en magasin.

Aldi avait encore étendu son service au printemps 2025 à Aarau et Soleure. À cette époque, le groupe présentait Aldi Now comme une offre en croissance, disponible dans les principales agglomérations suisses.

Depuis, la stratégie a changé. Aldi Suisse explique vouloir se recentrer sur son cœur de métier et sur son positionnement de « véritable discounter ».

Cette fermeture ne devrait toutefois pas entraîner de licenciements. Aldi travaillait avec l’entreprise 7Days pour acheminer les commandes jusqu’aux clients. Des adaptations organisationnelles sont prévues, mais les salariés concernés devraient conserver leur emploi, quitte à changer de fonction.

Le « dernier kilomètre » coûte très cher

La difficulté ne semble pas propre à Aldi. Après l’explosion des commandes durant la pandémie, plusieurs acteurs suisses ont découvert à quel point la livraison de produits alimentaires pouvait être difficile à rentabiliser.

Le principal problème se situe dans le fameux « dernier kilomètre », c’est-à-dire le trajet final entre un centre de préparation ou un magasin et le domicile du client.

Contrairement à une livraison classique regroupant de nombreux colis, les courses alimentaires imposent des contraintes supplémentaires. Elles nécessitent des créneaux relativement précis, le respect de la chaîne du froid et parfois plusieurs livraisons dispersées géographiquement.

À cela s’ajoutent les coûts salariaux élevés en Suisse, tandis que les marges sur les produits alimentaires restent limitées.

Le consommateur apprécie la commodité, mais les frais de livraison qu’il accepte de payer ne suffisent pas nécessairement à couvrir l’ensemble de ces coûts.

Aldi rejoint une longue liste d’abandons

Plusieurs entreprises ont déjà réduit leurs ambitions ou quitté ce marché. La Poste a notamment fermé son service de livraison express Notime. Farmy, spécialisé dans la vente de produits alimentaires en ligne, a fait faillite au printemps. Smood, très présent en Suisse romande, a également cessé ses activités en avril après plusieurs années difficiles.

Migros avait de son côté mis fin à My Migros en 2023. Le groupe conserve cependant Migros Online et continue d’investir dans ce secteur, notamment avec son nouveau centre de distribution de Regensdorf, conçu pour pouvoir traiter jusqu’à 2,5 millions de commandes chaque année.

La concurrence reste également forte avec Coop.ch, qui a dépassé Migros Online sur le marché en 2025.

La disparition d’Aldi Now ne signifie donc pas la fin des courses alimentaires livrées à domicile en Suisse. Elle confirme plutôt que le modèle exige d’importants volumes, une logistique très efficace et suffisamment de clients prêts à payer pour ce confort.

Pour Aldi, le calcul semble désormais tranché : plutôt que continuer à financer une activité complexe à rentabiliser, le discounter préfère concentrer ses moyens sur ses magasins physiques et ses prix bas.

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