Le canton de Zoug conserve de sérieux arguments pour séduire : un marché de l’emploi attractif, une fiscalité douce et un cadre de vie recherché. Mais pour une partie de ses habitants, trouver un logement à un prix supportable devient un casse-tête.
La situation inquiète particulièrement pour les retraités. Hendrik Budliger, du bureau de recherche et de conseil Demografik, constate que davantage de personnes âgées quittent le canton. Ces déménagements surprennent d’autant plus que les aînés changent généralement peu de canton de résidence.
À la retraite, le loyer pèse davantage
L’explication avancée par le spécialiste tient au changement de budget après la vie professionnelle. « À la retraite, les revenus diminuent nettement », souligne-t-il. L’avantage procuré par les faibles impôts peut alors devenir moins important, tandis que le loyer reste élevé.
Selon son analyse, cette pression touche des ménages jusque dans la classe moyenne supérieure. Les retraités les plus fortunés sont moins concernés, puisqu’ils continuent notamment de profiter d’une fiscalité avantageuse sur leur patrimoine.
Les chiffres de l’Office fédéral de la statistique, rapportés par Blick dans son enquête sur les départs de retraités à Zoug, montrent un écart grandissant. Pour les Suisses de plus de 65 ans, le canton a enregistré en moyenne 107 départs de plus que d’arrivées par an ces trois dernières années. Cette moyenne était de 37 au cours des douze années précédentes.
Près de 4’000 francs pour un 4,5 pièces en ville
La recherche d’un nouveau bail peut réserver une mauvaise surprise. Selon l’analyse du cabinet immobilier Iazi, les loyers proposés sur le marché ont augmenté de près de 50 % en dix ans.
En ville de Zoug, le loyer moyen atteint 2’600 francs par mois pour un 2,5 pièces et frôle les 4’000 francs pour un 4,5 pièces, hors charges.
« L’offre d’appartements à louer ne parvient tout simplement pas à suivre la demande », explique l’expert immobilier Donato Scognamiglio. Le logement arrive ainsi en tête des préoccupations des habitants dans les sondages cités.
Lorsqu’un bail est résilié pour permettre une rénovation, retrouver un appartement peut conduire à quitter le canton. Cela arrive même à des personnes de plus de 80 ans.
Le canton conteste l’explication des experts
Les autorités refusent toutefois de conclure à un exode de la classe moyenne âgée provoqué par les loyers. L’Office cantonal de la statistique ne juge pas plausible l’explication associant les départs des plus de 65 ans au coût du logement et à un avantage fiscal devenu moins déterminant.
Le recul de la population observé au premier semestre ne résume pas non plus la dynamique démographique. À l’échelle annuelle, la tendance reste généralement à la hausse, portée notamment par les arrivées de résidents aux revenus élevés.
Construire plus haut pour desserrer la pression
Le gouvernement entend conserver son attractivité économique tout en atténuant la pénurie de logements d’ici 2030. Il envisage notamment de densifier les quartiers de villas et de créer une zone spéciale temporaire.
Dans ce périmètre, les constructeurs pourraient bâtir plus haut à condition de réserver au moins 40 % des logements à des loyers abordables. La mise en place devrait toutefois prendre plusieurs années, et des experts redoutent déjà les oppositions susceptibles de ralentir ces projets.








