Changer le chauffage, reprendre une toiture, financer une isolation : les décisions se compliquent avec ce calendrier. « Des délais sont imposés aux propriétaires. Reste à savoir s’ils seront supportables financièrement », observe Boris Clivaz, directeur chez GefiSwiss et cofondateur de Steen Sustainable Energy.
Les spécialistes interrogés par la Tribune de Genève détaillent les obligations à venir et les solutions pour les financer. Leurs réponses invitent aussi à distinguer les travaux d’entretien des investissements énergétiques, dont le traitement fiscal pourrait évoluer différemment.
Dès 2027, des exigences plus strictes à Genève et dans le canton de Vaud
À Genève, l’objectif de consommation reste fixé à 450 mégajoules par mètre carré et par an. Le changement porte sur le seuil à partir duquel des travaux deviennent obligatoires : de 800 MJ/m² par an actuellement, il passera à 650 en 2027, puis à 550 en 2031.
La cible ne change donc pas, mais davantage de bâtiments pourront être concernés par une obligation de rénovation à mesure que les seuils s’abaissent.
Dans le canton de Vaud, les nouvelles exigences portent notamment sur l’assainissement des grands bâtiments les plus énergivores. Les chauffages fossiles arrivant en fin de vie devront, sauf exceptions, être remplacés par une installation utilisant une énergie renouvelable. Le calendrier prévoit une échéance maximale en 2047.
Dans les deux cantons, une rénovation importante de toiture implique également l’installation de panneaux solaires sur les surfaces adaptées.
En 2029, les déductions fiscales changent
L’autre date concerne les propriétaires qui occupent leur logement. Selon les informations présentées par la Tribune de Genève, les frais d’entretien resteront déductibles du revenu imposable jusqu’à fin 2028.
À partir de 2029, avec la suppression de la valeur locative, cette déduction disparaîtra pour les logements occupés par leur propriétaire. Les intérêts hypothécaires ne seront également plus déductibles, sauf exceptions.
Les investissements destinés à économiser l’énergie perdront aussi leur déductibilité au niveau fédéral. Les cantons pourront toutefois maintenir cet avantage jusqu’en 2050. D’après l’article, seul Fribourg a pour l’instant annoncé son intention de le faire en Suisse romande.
Hypothèque, fonds propres, aides : comment financer les travaux ?
Plusieurs solutions peuvent être combinées : les fonds propres, une augmentation de l’hypothèque ou, sous certaines conditions, un retrait anticipé du deuxième ou du troisième pilier.
L’approche de la retraite ne ferme pas automatiquement la porte à un financement hypothécaire. Bruno Ciccodicola, spécialiste à la Banque Cantonale Vaudoise, rappelle que chaque établissement examine si la charge financière reste supportable pour l’emprunteur.
Certaines banques proposent également des hypothèques vertes à taux préférentiel pour financer des travaux énergétiques. Les aides publiques doivent, elles, être intégrées au calendrier de financement : elles sont généralement versées après la réalisation du chantier, souligne Nicole Waelti-Ansermot, responsable du conseil patrimonial de la BCV.
Faut-il avancer tous ses travaux avant 2029 ?
Nicole Waelti-Ansermot recommande de commencer par examiner l’opportunité réelle de la rénovation. Si un arbitrage est nécessaire, elle conseille de privilégier les entretiens ordinaires : les investissements énergétiques pourraient conserver leur avantage fiscal plus longtemps selon les décisions cantonales.
« Mieux vaut prendre le temps de la réflexion », insiste la spécialiste.








