En Suisse, la règle du tiers devient difficile à tenir : les ménages modestes en première ligne

Une fois le logement payé, il faut encore financer les courses, la santé et les imprévus. Une enquête Comparis montre combien cet équilibre peut devenir serré, particulièrement pour les ménages aux revenus les plus faibles.

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En Suisse, la règle du tiers devient difficile à tenir : les ménages modestes en première ligne : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

Un tiers du revenu brut du ménage pour se loger : c’est le repère couramment utilisé pour garder un budget supportable. Mais en Suisse, une personne sur six dépasse cette limite. Chez les locataires, la proportion atteint 22 %, soit plus d’une personne sur cinq.

Derrière ces chiffres, une même difficulté : lorsque le logement absorbe une part trop importante des ressources, il reste moins d’argent pour les autres dépenses du quotidien. Les résultats publiés jeudi 22 octobre par Comparis montrent que les ménages ne sont pas tous exposés de la même manière.

Avec de petits revenus, le seuil est bien plus souvent dépassé

Pour les ménages disposant d’un revenu brut mensuel allant jusqu’à 4’000 francs, 36 % consacrent plus d’un tiers de leurs ressources au logement. Parmi ceux dont les revenus dépassent 8’000 francs, cette proportion tombe à 6 %.

L’écart porte donc sur la part du budget absorbée par le logement. Une facture identique laisse beaucoup moins de marge à un foyer modeste qu’à un ménage disposant de revenus élevés.

L’enquête a été menée en août auprès de 1’038 personnes. Réalisée par l’institut Innofact pour Comparis, elle porte sur des adultes de 18 à 74 ans résidant dans toutes les régions de Suisse.

Plus de 2’000 francs par mois pour près d’un tiers des locataires

L’étude donne également une idée des sommes déboursées chaque mois. Parmi les locataires interrogés, 30 % paient plus de 2’000 francs pour leur logement. Tous statuts d’occupation confondus, un quart des adultes interrogés franchissent ce montant.

Chez les personnes dont le revenu brut est inférieur à 4’000 francs, près d’une sur dix déclare aussi des dépenses de logement supérieures à 2’000 francs. Dans leur cas, le logement représente donc plus de la moitié des revenus, avant même de régler les autres factures.

La santé et la prévoyance peuvent aussi en pâtir

Pour Harry Büsser, expert immobilier chez Comparis, la règle du tiers constitue un signal d’alerte dans le budget. La dépasser durablement peut conduire à réduire d’autres dépenses importantes, y compris celles consacrées à la santé ou à la prévoyance.

Sans cette marge, un imprévu peut suffire à déséquilibrer le mois. C’est pourquoi l’expert décrit ce repère comme « une ligne d’alerte dans le budget du ménage ».

Les propriétaires peuvent eux aussi se retrouver à l’étroit

L’enquête montre que 7 % des propriétaires dépassent également le seuil du tiers. Pourtant, avant d’accorder une hypothèque, les banques examinent si les acheteurs pourront supporter leur financement sur la durée. Leurs calculs reposent généralement sur un taux d’intérêt théorique de 5 %, supérieur aux taux actuellement pratiqués sur le marché.

Harry Büsser rappelle toutefois que la situation peut changer après l’achat. Une séparation, une perte de revenus, une réduction du temps de travail ou le passage à la retraite peuvent rendre le financement plus difficile à assumer.

Enfin, des dépenses mensuelles plus faibles que celles d’un locataire ne résument pas tout le coût d’un achat. Comparis rappelle qu’une partie importante des fonds propres reste immobilisée dans le bien. À cela peuvent s’ajouter les dépenses d’entretien, de rénovation et les réparations importantes.

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