Le prix affiché dans les stations-service suisses pousse certains conducteurs à chercher des alternatives de l’autre côté de la frontière. Selon le Touring Club Suisse (TCS), le diesel atteint actuellement 2,46 francs le litre en moyenne, tandis que l’essence sans plomb 95 s’établit autour de 2,14 francs.
Dans certaines stations, les tarifs dépassent même ces moyennes. À Winterthour (ZH), le prix du diesel a récemment franchi la barre des 2,50 francs le litre. Une situation qui encourage les automobilistes proches des frontières à envisager un plein en France, en Allemagne ou en Autriche.
Mais le prix à la pompe ne suffit pas à déterminer si l’opération est rentable. Il faut également prendre en compte le carburant consommé pour effectuer le détour, la distance parcourue et l’économie réellement réalisée.
L’Autriche devient la destination la plus avantageuse pour faire le plein
Pour mesurer l’intérêt réel d’un déplacement, Blick a comparé les prix pratiqués dans les régions frontalières plutôt que les moyennes nationales. Les automobilistes suisses qui traversent la frontière font généralement leur plein rapidement après leur arrivée dans le pays voisin.
L’étude a ainsi retenu plusieurs zones proches de la Suisse, notamment Constance, Lörrach, Weil am Rhein et Jestetten en Allemagne. Les prix moyens observés sont de 1,85 franc le litre pour l’essence en France, 2,18 francs en Allemagne et seulement 1,72 franc en Autriche.
Pour le diesel, les tarifs moyens atteignent 2,09 francs en France, 2,30 francs en Allemagne et 2,03 francs en Autriche.
L’écart le plus important concerne donc l’Autriche. Avec une différence de 42 centimes par litre sur l’essence, un réservoir de 50 litres permettrait théoriquement d’économiser 21 francs par rapport à un plein effectué en Suisse.
Après avoir retiré une économie minimale souhaitée de 5 francs et le coût du trajet supplémentaire, un automobiliste pourrait parcourir jusqu’à environ 114 kilomètres supplémentaires pour que le détour reste intéressant. Pour le diesel, la limite monte même à environ 117 kilomètres.
France intéressante, Allemagne moins avantageuse
La France reste également une option intéressante pour certains automobilistes suisses. Les conducteurs équipés d’un véhicule essence peuvent envisager un détour d’environ 67 kilomètres au total, tandis que les véhicules diesel permettent d’aller jusqu’à 96 kilomètres grâce à un écart de prix plus favorable.
Cette situation concerne notamment les habitants proches de la frontière française, comme ceux de Genève, du canton de Vaud ou de l’Arc jurassien.
L’Allemagne présente en revanche un avantage plus limité. Dans les zones étudiées, l’essence sans plomb 95 coûte même environ 4 centimes de plus qu’en Suisse. Pour le diesel, l’économie réalisée sur un plein de 50 litres atteint seulement 8 francs, ce qui limite fortement l’intérêt du déplacement.
Les prochains mois pourraient toutefois changer les calculs. L’Allemagne prévoit une baisse de la taxe énergétique sur les carburants de 14 centimes par litre à partir d’octobre, tandis que l’Autriche prévoit un allègement de 12 centimes.
Avec ces réductions fiscales, les déplacements transfrontaliers pour faire le plein pourraient devenir encore plus attractifs pour certains automobilistes suisses.








