Pour payer l’essence moins cher en Suisse, faudrait-il sortir les parapluies ?

Les pétroliers reprennent du service, mais la facture du plein refuse de s’alléger. En Suisse, une partie du problème se joue bien loin du détroit d’Ormuz.

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Pour payer l’essence moins cher en Suisse, faudrait-il sortir les parapluies ? : Crédit : Shutterstock | Econostrum.info - Suisse

Une remontée du Rhin pourrait aider les automobilistes suisses à payer leur essence moins cher. Le lien entre le fleuve et la station-service passe par les bateaux qui acheminent les carburants : lorsque l’eau manque, le transport coûte davantage.

Le prix affiché à la pompe dépend de plusieurs étapes : obtenir le pétrole, le raffiner, puis livrer le carburant. Une amélioration à l’un de ces maillons ne suffit donc pas à effacer les difficultés des autres. Et, pour le moment, plusieurs obstacles continuent de peser sur la facture suisse.

Le Rhin au plus bas, le transport plus cher

Le Rhin achemine la moitié du carburant destiné au trafic routier en Suisse. Son niveau d’eau a donc une conséquence très concrète pour les automobilistes, même lorsqu’ils vivent loin de ses rives.

Or, le Rhin connaît des niveaux historiquement bas. Le transport de pétrole et de carburants, déjà coûteux, devient encore plus cher dans ces conditions. La sécheresse ajoute ainsi une difficulté à une chaîne d’approvisionnement soumise à d’autres tensions.

C’est ce qui donne au parapluie sa place dans cette histoire. Une remontée du fleuve pourrait alléger les coûts d’acheminement. Elle agirait sur le trajet du carburant jusqu’en Suisse.

Ormuz se débloque, sans soulagement immédiat à la pompe

Au Moyen-Orient, les pétroliers franchissent de nouveau partiellement le détroit d’Ormuz. Marcelo Olarreaga, professeur d’économie à l’Université de Genève, souligne toutefois que le trafic reste inférieur de 30 à 40 % à son niveau d’avant-guerre.

La reprise demeure fragile, avec des quantités de pétrole fluctuantes et des marchés encore tendus. Dans son reportage consacré aux prix de l’essence en Suisse, la RTS décrit un baril proche de 100 dollars depuis le début de septembre, sans effet majeur de cette réouverture partielle sur son cours.

Même lorsqu’une baisse du pétrole intervient, elle met du temps à atteindre les stations-service. Interrogé dans le 19h30, Marcelo Olarreaga explique que cette transmission est plus lente lorsque le pétrole baisse que lorsqu’il augmente. Le consommateur ne profite donc pas immédiatement d’une accalmie sur le marché pétrolier.

Une seule raffinerie et des capacités limitées

Le pétrole brut doit aussi être transformé en carburant. La Suisse dépend fortement des produits finis, et les capacités de raffinage constituent un autre point sensible de son approvisionnement.

Moreno Volpi, membre du comité de direction du TCS, cite l’exemple de Cressier, la seule raffinerie du pays. Lors d’une interruption de deux semaines, les prix à la pompe ont subitement augmenté : la demande devait composer avec une offre réduite et peu de capacités de raffinage disponibles.

Cet épisode montre pourquoi le passage de davantage de pétroliers à Ormuz ne règle pas toutes les difficultés. Une fois le brut accessible, il faut encore pouvoir le transformer et acheminer les carburants. Moreno Volpi rappelle que les capacités de raffinage ne peuvent pas doubler face aux crises.

De la pluie, puis une remontée du fleuve

Pour le représentant du TCS, une hausse du niveau du Rhin est le levier susceptible de détendre les prix à la pompe dans la situation actuelle. Cette perspective dépend toutefois d’une amélioration réelle du niveau d’eau.

Le bulletin national sur la sécheresse du 8 octobre prévoit peu d’évolution pour les grands cours d’eau comme le Haut-Rhin. Il annonce aussi des conditions souvent sèches jusqu’à la fin du mois.

Le calendrier d’une éventuelle baisse de l’essence reste donc incertain. En attendant, les consommateurs suisses continuent de comparer les prix entre les stations-service.

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