La Suisse continue d’enregistrer une diminution notable de son taux de logements vacants, selon les chiffres publiés en septembre par l’Office fédéral de la statistique. Cette tendance touche une large majorité des cantons et illustre l’ampleur de la pression qui s’exerce sur le marché immobilier helvétique.
Dans un contexte de forte demande, notamment dans les zones urbaines, l’ajustement de l’offre peine à suivre. La question du logement, déjà sensible, reste au cœur des préoccupations économiques et sociales du pays.
Des niveaux historiquement bas dans une majorité de cantons
En juin 2025, la Suisse comptait 48 455 logements vacants, ce qui correspond à un taux de vacance de 1 %. Ce chiffre marque une baisse de 6,8 % sur un an, représentant environ 3 500 logements vacants de moins qu’en juin 2024. L’évolution actuelle s’inscrit dans une tendance de fond, avec une cinquième année consécutive de baisse et une réduction globale de 0,72 point de pourcentage depuis 2021. L’assèchement de l’offre disponible est manifeste dans la plupart des régions.
Le phénomène se traduit par une concentration du taux de vacance en dessous du seuil de 1 % dans 15 cantons du pays. Les situations les plus tendues sont observées à Genève (0,34 %), Zoug (0,42 %) et Zurich (0,48 %), trois cantons urbains où la demande dépasse largement l’offre. Dans ces zones, le faible nombre de logements disponibles pèse fortement sur la capacité d’accès au logement, en particulier pour les classes moyennes et les ménages modestes.
À l’autre extrémité du classement, seuls deux cantons dépassent encore la barre des 2 % de vacance : le Jura (3,03 %) et Soleure (2,05 %). Ces niveaux restent néanmoins minoritaires à l’échelle nationale. Dans 19 cantons, le taux de logements vacants a diminué par rapport à l’année précédente, confirmant l’ampleur de la tendance. À l’inverse, six cantons ont vu leur taux progresser légèrement, tandis qu’il est resté inchangé dans les Grisons.
Cette dynamique illustre la diversité des marchés cantonaux, influencés par des facteurs tels que l’attractivité économique, la croissance démographique, les politiques de construction ou encore la densité urbaine. Elle met également en lumière le déséquilibre persistant entre l’offre disponible et les besoins en logements dans les zones les plus recherchées.
Une offre locative et neuve en net recul
Au-delà du stock total de logements vacants, l’évolution de l’offre locative constitue un autre indicateur clé de la tension sur le marché. Le nombre d’appartements proposés à la location s’élevait à 37 194 unités au 1er juin 2025, soit une diminution de 8 % en un an, correspondant à 3 229 logements locatifs en moins. Cette baisse traduit une raréfaction croissante des opportunités pour les locataires, en particulier dans les segments les plus demandés.
Les appartements de trois ou quatre pièces, très prisés par les familles, restent les plus fréquemment vacants, mais leur disponibilité se réduit d’année en année. L’Office fédéral de la statistique souligne que ce recul s’inscrit dans une tendance continue depuis cinq ans. Malgré les besoins exprimés sur le marché, l’ajustement de l’offre demeure insuffisant pour répondre à la demande dans cette catégorie.
Le marché du logement neuf reflète également cette contraction. Au moment de la dernière enquête, 3 959 logements neufs, définis comme âgés de moins de deux ans, étaient encore disponibles à la location ou à la vente dans toute la Suisse. Ce volume est en baisse de 6 % par rapport à l’année précédente, signe d’un ralentissement dans la production immobilière récente.
Ces chiffres confirment la difficulté à maintenir une dynamique de construction soutenue face à un contexte réglementaire complexe, des coûts de construction élevés et des incertitudes économiques. Ils soulignent aussi les limites des politiques actuelles en matière d’aménagement du territoire et d’encouragement à la construction de logements abordables.








