Jusqu’à 84 % plus chers que dans l’ancien : ces loyers du neuf font grimper la facture en Suisse

L’écart entre les loyers des logements neufs et ceux des biens existants varie fortement selon l’endroit où l’on cherche. Dans plusieurs localités romandes, la différence dépasse 70 %, avec des conséquences sur le budget nécessaire pour déménager.

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Jusqu’à 84 % plus chers que dans l’ancien : ces loyers du neuf font grimper la facture en Suisse : Crédit : Canva | Econostrum.info - Suisse

On commence une recherche de logement avec une idée de budget. Puis les annonces défilent, et les appartements neufs obligent parfois à revoir la somme prévue. En Suisse, cette différence de prix prend des proportions très variables selon la localisation. Une analyse de l’Association suisse des locataires (Asloca) met en lumière ces écarts, particulièrement marqués dans certaines localités romandes.

À Clarens, un écart de 84 % entre le neuf et l’existant

Les chiffres sont frappants. À Clarens, dans le canton de Vaud, les loyers annoncés pour les logements neufs sont en moyenne 84 % plus élevés que ceux des logements existants. À Lutry, l’écart atteint 78 %. À Carouge, dans le canton de Genève, il s’élève à 71 %.

Ces résultats proviennent de l’analyse des annonces immobilières de 2025. Ils comparent deux catégories de biens proposés à la location : les nouvelles constructions et les logements situés dans des immeubles existants. L’Asloca souligne les écarts importants observés dans les données de la société Lookmove.

Pour les candidats à la location, le choix d’un appartement neuf peut donc demander un budget nettement supérieur. Les pourcentages décrivent des différences entre les offres analysées, plutôt qu’une augmentation appliquée au loyer d’un même appartement.

De Bâle-Ville à Glaris, des différences très marquées

À l’échelle cantonale, le contraste reste important. À Bâle-Ville, le loyer mensuel médian affiché dans le neuf dépasse d’environ 11 % celui des logements existants. Dans le canton de Glaris, la différence atteint 52 %.

Le surcoût du neuf est donc beaucoup plus marqué dans certains territoires. Ces données portent toutefois sur l’écart entre les deux catégories et ne suffisent pas à déterminer où les loyers sont les moins élevés en francs.

L’analyse distingue également les loyers proposés dans les annonces et ceux payés dans le cadre de baux en cours. Ces derniers connaissent une évolution plus modérée. Pour un ménage qui doit chercher une nouvelle adresse, les prix rencontrés sur le marché peuvent ainsi s’éloigner de ceux de son logement actuel.

Les loyers progressent plus vite que les salaires

Les chiffres relayés par 20 Minutes replacent ces écarts dans une tendance plus longue. Entre 2000 et 2025, l’indice des loyers de l’Office fédéral de la statistique a augmenté de 41 %. Sur la même période, l’indice des salaires nominaux a progressé de 32,6 %.

Cette comparaison montre que les loyers ont avancé plus rapidement que les salaires sur vingt-cinq ans. Elle concerne la tendance générale, au-delà des seuls logements neufs.

Le sujet touche une grande partie de la population : 64 % des ménages suisses vivent en location. Dans une enquête menée par Sotomo en 2026, 79 % des personnes interrogées jugent la situation du marché du logement très ou plutôt préoccupante.

Les petits revenus disposent de moins de marge

La charge dépend aussi des ressources du ménage. D’après les données de l’Office fédéral du logement citées pour 2023, les ménages disposant d’un revenu brut mensuel allant jusqu’à 4 000 francs en consacrent près de 38 % au loyer. Cette part diminue à mesure que les revenus augmentent.

Depuis le début des années 2000, la structure de propriété a également évolué. Alors, la majorité des logements loués appartenait à des particuliers.

En 2024, leur part se situe un peu en dessous de 44 %, soit un niveau désormais proche de celui des entreprises axées sur la rentabilité. Les particuliers ne détiennent donc plus la majorité du parc locatif qu’ils possédaient au début du siècle.

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