La France devra trouver 126 milliards d’euros d’ici 2032 pour stabiliser sa dette publique, selon un rapport remis au ministère de l’Économie. Parmi les pistes étudiées figure une possible « année blanche » budgétaire en 2027, qui consisterait à suspendre temporairement certaines évolutions automatiques des dépenses.
Quatre économistes mandatés par le ministère de l’Économie ont analysé les perspectives des finances publiques françaises à l’horizon 2030. Leur constat est préoccupant : sans changement de politique budgétaire, les dépenses publiques continueraient de progresser et le déficit public pourrait atteindre 5,9 % du PIB en 2027, puis approcher 7 % du PIB en 2030.
Selon les experts, des mesures importantes seront nécessaires pour inverser cette trajectoire et limiter la progression de la dette. L’objectif serait de stabiliser le niveau d’endettement de la France tout en réduisant le poids des intérêts liés au remboursement de la dette publique, explique CNews.
126 milliards d’euros d’efforts nécessaires d’ici 2032
Le rapport estime qu’un effort de 126 milliards d’euros devra être réalisé au cours des prochaines années. Cette somme doit permettre de ramener le déficit public sous le seuil de 3 % du PIB, conformément aux règles budgétaires européennes. Les experts évoquent plusieurs leviers possibles : une réduction de certaines dépenses publiques, une évolution des recettes fiscales ou encore des actions destinées à soutenir la croissance économique.
Aucune piste n’est écartée dans leur analyse, qui présente plusieurs scénarios pour rétablir les comptes publics.
Le principe d’une « année blanche » budgétaire
Parmi les options étudiées figure la mise en place d’une « année blanche ». Ce mécanisme consisterait à suspendre pendant une période limitée les systèmes d’indexation automatique de certaines dépenses sur l’inflation. En pratique, plusieurs prestations ou dépenses publiques qui évoluent habituellement avec la hausse des prix pourraient rester inchangées pendant un an.
Les économistes précisent que les minima sociaux, comme le RSA ou le minimum vieillesse, seraient exclus de cette mesure. Dans leur rapport, les experts indiquent qu’une telle mesure pourrait être envisagée dès 2027. Ils soulignent qu’une désindexation temporaire dans le cadre d’une « année blanche » ne devrait pas être écartée à court terme. Selon eux, la réussite d’un tel ajustement dépendrait largement de la capacité du gouvernement à obtenir un soutien politique autour des mesures choisies.
Le rapport ne présente pas l’« année blanche » comme une décision arrêtée, mais comme l’un des scénarios possibles parmi plusieurs options pour réduire le déficit public. Les prochains arbitrages budgétaires devront déterminer quelles mesures seront finalement retenues pour répondre à la trajectoire financière annoncée.








