Retraite des mères : deux changements importants pour le 1er septembre

Deux mesures entrent en vigueur au 1er septembre concernant la retraite des mères.

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Retraite des mères : deux changements importants pour le 1er septembre - Crédit : Canva Pro | Econostrum.info

À partir du 1er septembre, certaines mères de famille verront évoluer les règles de calcul de leur retraite. Présentées comme un progrès, ces nouvelles dispositions doivent surtout corriger une partie des inégalités liées aux carrières interrompues ou incomplètes. Mais derrière l’annonce, le gain concret pourrait rester limité pour une grande partie des assurées.

La première évolution concerne la retraite anticipée pour carrière longue. Jusqu’ici, les majorations de durée d’assurance accordées au titre des enfants n’étaient pas comptées comme des trimestres cotisés. À compter du 1er septembre 2026, deux trimestres parmi ces majorations pourront désormais être retenus comme tels.

Concrètement, cela peut permettre à certaines femmes de franchir de justesse le seuil nécessaire pour partir plus tôt, sans attendre l’âge légal. Service Public précise que ces ajustements s’appliquent dans le cadre de la suspension de la réforme des retraites et qu’ils concernent les générations nées entre 1964 et 1968, selon l’année de naissance.

Le second changement porte sur le calcul du salaire annuel moyen dans les régimes de base du privé. Pour les mères d’un enfant, on retiendra désormais les 24 meilleures années au lieu de 25 ; pour celles qui ont au moins deux enfants, le calcul se fera sur les 23 meilleures années. Là encore, l’objectif affiché est de limiter l’effet des carrières hachées, des temps partiels et des périodes de baisse de revenus souvent observées après une naissance. Ce mécanisme doit s’appliquer aux assurées relevant notamment de la CNAV, de la MSA et de la CAVIMAC.

Dans les faits, ces corrections restent très ciblées. Elles ne touchent pas toutes les retraitées, mais seulement certaines situations où la maternité a eu un impact direct sur la fin de carrière. L’administration recommande d’ailleurs d’utiliser son simulateur retraite mis à jour pour vérifier, au cas par cas, si un départ anticipé devient possible ou si le calcul de pension est effectivement amélioré.

Un progrès réel, mais encore loin de combler l’écart avec les hommes

L’enjeu est important, car les écarts de pension restent élevés. Selon la Drees, en 2023, les femmes résidant en France percevaient une pension de droit direct inférieure de 38 % à celle des hommes. Même en ajoutant l’éventuelle pension de réversion, l’écart restait de 25 %. La publication de référence publiée en juillet 2025 rappelle aussi que ces différences reflètent en partie les inégalités de salaires, de durée de carrière et de quotité de travail accumulées tout au long de la vie active.

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Autrement dit, les nouvelles règles vont dans le bon sens, mais elles ne bouleversent pas l’équilibre général. Elles peuvent éviter qu’une mère perde un départ anticipé pour un ou deux trimestres manquants, ou atténuer l’effet d’une année de salaire trop faible dans le calcul de la pension. En revanche, elles ne suffisent pas à corriger les écarts structurels qui se construisent bien avant la liquidation de la retraite.

La Drees rappelle enfin que la France comptait fin 2023 des millions de retraités, et que les femmes représentaient un peu plus de la moitié des titulaires d’un droit direct. Même si les nouvelles mesures concernent un nombre limité de femmes, elles traduisent une volonté de mieux tenir compte des carrières familiales dans le calcul des droits. Mais, comme le montrent les chiffres, il faudra davantage qu’un simple ajustement technique pour réduire durablement l’écart entre les pensions des femmes et celles des hommes.

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