Les pensions de retraite ne devraient pas connaître une baisse directement en 2027. C’est ce que le gouvernement dit pour rassurer les Français. La situation pourrait évoluer pour certains bénéficiaires autour de 2 000 euros par mois, avec des pistes qui concernent l’indexation des pensions et l’avantage fiscal dont profitent actuellement les retraités.
Le gouvernement cherche plusieurs milliards d’euros d’économies pour préparer le budget 2027. Parmi les secteurs visés figure la retraite de base, avec un objectif annoncé de 6 milliards d’euros d’économies. Cette recherche de réduction du déficit place les pensions intermédiaires dans une zone sensible.
Le gouvernement promet qu’aucune pension ne baissera en 2027
Dans un entretien accordé au Parisien, le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure a voulu rassurer les retraités en déclarant qu’« aucune pension ne diminuera » en 2027.
Cette promesse concerne le montant brut versé chaque mois. Elle n’exclut pas des changements qui pourraient réduire le pouvoir d’achat réel de certains retraités, notamment si l’évolution des pensions est inférieure à celle des prix ou si la fiscalité évolue.
Le ministre a aussi expliqué que les efforts demandés pourraient être acceptés s’ils sont répartis dans le temps. Il a indiqué qu’« et ils peuvent le comprendre si c’est partagé et temporaire ». Cette approche s’inscrit dans un contexte où l’État cherche à limiter ses dépenses tout en maintenant l’équilibre du système de retraite.
Selon David Amiel, ministre des Comptes publics, une indexation complète des pensions sur l’inflation représenterait un coût de plus de 6 milliards d’euros dès l’année prochaine. Il a résumé la difficulté budgétaire ainsi : « de ces 6 milliards, on n’a pas aujourd’hui le premier euro ».
Le seuil de 2 000 euros devient un point de débat pour les retraités
Les pensions proches de 2 000 euros par mois apparaissent comme un niveau particulièrement observé par le gouvernement. Roland Lescure a déclaré : « Avec une retraite de 2000 euros, on n’est pas riche mais on n’est pas non plus démuni ».
Cette somme correspond à environ 24 000 euros par an. Les retraités concernés ne font pas partie des foyers les plus aisés, mais ils pourraient être davantage sollicités dans le cadre des économies recherchées.
Plusieurs scénarios sont étudiés. L’un d’eux consisterait à limiter la revalorisation des pensions par rapport à l’inflation. Un autre pourrait concerner l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, une mesure qui représente environ 6 milliards d’euros par an pour les finances publiques.
Une modification de cet avantage fiscal pourrait augmenter l’impôt payé par certains retraités, même si leur pension mensuelle ne baisse pas directement.
L’abattement fiscal de 10 % au cœur des discussions
L’abattement fiscal permet aujourd’hui aux retraités de déduire 10 % de leurs pensions imposables avant le calcul de leur impôt sur le revenu. Cette réduction est plafonnée à environ 4 000 euros par foyer.
Une piste étudiée dans le cadre des débats budgétaires consistait à remplacer cet abattement proportionnel par un forfait annuel de 2 000 euros. D’après l’Institut des politiques publiques, cette évolution aurait principalement augmenté l’impôt des retraités percevant plus de 20 000 euros de pension annuelle.
Même si cette proposition n’a finalement pas été retenue à ce stade, elle montre la direction envisagée par Bercy : chercher des économies auprès des pensions moyennes et élevées plutôt que réduire les montants versés aux retraités ayant les plus faibles revenus.
Pour les personnes percevant une retraite autour de 2 000 euros mensuels, l’enjeu sera donc moins une baisse directe de leur pension qu’une possible évolution du montant réellement disponible après impôts et revalorisations.








