Cette année encore, la rentrée scolaire est marquée par d’importantes difficultés de recrutement dans de nombreux établissements du secondaire. Selon une enquête du Snes-FSU, la majorité des collèges et des lycées de France ont commencé l’année avec des équipes éducatives réduites.
D’après les données fournies par le syndicat, 69 % des établissements du secondaire manquent d’effectifs en cette rentrée 2026. Le chiffre concerne les collèges et lycées publics, ces derniers doivent composer avec des absences dans plusieurs catégories de personnels, c’est notamment le cas pour les enseignants, conseillers principaux d’éducation (CPE), assistants d’éducation (AED), psychologues de l’Éducation nationale ou accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH).
Avec 11,6 millions d’élèves et environ 1,2 million de personnels de l’Éducation nationale, de nombreux établissements rencontrent des difficultés pour assurer les tâches programmées pour les premières semaines de cours. Le Snes-FSU reconnaît qu’une amélioration par rapport à l’année précédente est présente, mais il estime que les recrutements effectués cette année ne répondent absolument pas aux besoins des établissements français.
Plus d’un collège ou lycée sur deux manque d’un professeur
Selon les chiffres du Snes-FSU, 53 % des établissements interrogés déclarent manquer d’au moins un professeur à la rentrée. Dans le détail, les matières qui se distinguent le plus sont les mathématiques, le français, la physique-chimie et l’anglais. Ces dernières connaissent depuis plusieurs années des difficultés de recrutement, la chute du nombre de candidats aux concours de l’Education nationale est l’une des cause principales de cette pénurie de professeurs.
Le syndicat critique le décalage entre les annonces du ministère et la réalité observée dans les collèges et lycées. « Contrairement aux discours optimistes du ministre, il n’y a pas un professeur devant chaque classe à la rentrée », dénonce le Snes-FSU. Pour l’organisation syndicale, les postes manquants concernent aussi bien des emplois qui n’ont pas trouvé de candidat que des remplacements prévus pour des absences de moyenne ou longue durée.
« La situation reste donc très dégradée faute de personnels en nombre suffisant », estime le syndicat, qui considère que les résultats scolaires sont directement liés aux équipes présentes dans les établissements. Car en plus des professeurs, les accompagnants des élèves en situation de handicap se font aussi de plus en plus rares. Alors que la santé mentale et l’inclusion scolaire font partie des priorités affichées par les pouvoirs publics, le Snes-FSU indique que des postes d’AESH restent vacants dans 17 % des collèges et lycées.
Des académies plus touchées que d’autres
Les difficultés de recrutement varient fortement selon les territoires. Certaines académies concentrent davantage de problèmes liés aux effectifs. L’académie de Versailles est la plus concernée selon l’enquête du syndicat, avec plus de sept établissements sur dix touchés par un manque de personnel. Les académies de Toulouse, avec 66,7 % d’établissements concernés, de Nantes avec 61,7 %, et de Créteil avec 61,1 %, figurent également parmi les zones les plus touchées.
À l’inverse, les académies de Reims et Amiens affichent une situation moins tendue, avec environ un établissement sur quatre concerné. Pour Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Snes-FSU, ces difficultés ne sont pas nouvelles. « On paye aujourd’hui une pénurie structurelle de professeurs depuis plusieurs années », explique-t-elle. Le ministère de l’Éducation nationale avait annoncé vouloir assurer la présence d’un enseignant devant chaque classe dès la rentrée. Les chiffres du syndicat montrent que cet objectif reste difficile à atteindre dans de nombreux établissements.








