Sébastien Lecornu a annoncé dimanche 9 août, sur son compte X, une réforme structurelle visant à ramener les dépenses de la communication de l’Etat à 700 millions d’euros, contre 1 milliard d’euros en 2024. L’objectif représente une baisse de 300 millions d’euros, soit 30 % du niveau de 2024. Cette orientation s’inscrit dans un chantier d’économies engagé depuis 2025 et doit modifier en profondeur l’organisation de la communication des ministères, des préfectures et des opérateurs publics.
Le sujet avait déjà été identifié à l’automne 2025. En septembre, le gouvernement avait suspendu jusqu’à la fin de l’année les nouvelles dépenses de communication des ministères, agences et opérateurs de l’État, à l’exception notamment des campagnes de santé publique et de recrutement dans la fonction publique. Cette première mesure devait permettre de préparer une revue générale des dépenses. En décembre, le gouvernement avait ensuite fixé un objectif de réduction de 300 millions d’euros par rapport à 2024.
Les dépenses de la communication de l’Etat en hausse de 45 % entre 2019 et 2024
Pour justifier cette nouvelle organisation, le gouvernement souligne la progression importante des dépenses de communication au cours des dernières années. Selon les chiffres avancés par Sébastien Lecornu, elles ont augmenté de 45 % entre 2019 et 2024, soit une progression présentée comme près de trois fois supérieure à l’inflation sur la période.
Le Premier ministre estime que cette évolution doit désormais être inversée. « La parole publique doit être plus efficace, plus sobre, plus lisible », affirme-t-il. Le gouvernement prévoit ainsi de concentrer davantage les moyens sur les campagnes considérées comme prioritaires et d’éviter que plusieurs administrations financent séparément des opérations similaires.
Un budget unique de 113 millions d’euros doit notamment être consacré aux campagnes destinées au grand public. Il concernera notamment des sujets comme la santé, la sécurité routière ou encore la lutte contre le narcotrafic. Ces campagnes doivent davantage être menées de manière interministérielle afin de mutualiser les moyens.
La réforme ne porte toutefois pas uniquement sur les campagnes publicitaires. Les ministères doivent réduire leurs dépenses de communication de 20 % par rapport à 2024, tandis que l’effort demandé aux opérateurs de l’État atteint 40 %. Les subventions versées à ces opérateurs doivent être diminuées en conséquence. Le gouvernement prévoit également que les administrations centrales et déconcentrées rendent publiques les dépenses détaillées de communication, avec une consolidation dans un document annexé au projet de loi de finances.

Préfectures, intelligence artificielle et contrôle du Parlement
La réorganisation prévoit aussi la création d’un bureau unique de communication dans chaque préfecture, placé sous l’autorité du préfet. L’objectif est de regrouper les moyens de communication à l’échelle départementale et de limiter la dispersion des dispositifs.
Le Service d’information du Gouvernement (SIG) doit parallèlement recentrer ses missions et intégrer davantage d’outils d’intelligence artificielle. À Matignon, une cellule mutualisée doit également coordonner la présence de l’État dans les grands salons ainsi que certaines activités de veille.
Le calendrier prévoit une réforme structurelle de la communication de l’État et une mise en œuvre progressive. Le gouvernement avait déjà fixé dans son plan de décembre 2025 un objectif d’économies de 300 millions d’euros en 2026 par rapport à 2024. Les modalités détaillées de la nouvelle organisation doivent préciser la manière dont cette réduction sera appliquée aux différents ministères et opérateurs.
Enfin, le gouvernement souhaite renforcer le contrôle de ces dépenses. Leur évolution devra faire l’objet d’un suivi et d’une présentation annuelle devant l’Assemblée nationale et le Sénat. Pour les particuliers, cette réforme ne modifie pas directement une taxe ou une prestation, mais elle vise à réduire les dépenses de fonctionnement de l’État dans le cadre plus large des économies budgétaires recherchées par le gouvernement.








