Comme le montrent les dernières données de l’Insee, l’inflation s’accélère en septembre. Les détenteurs d’un Livret A sont particulièrement attentifs à cette nouvelle, car le rendement de ce produit d’épargne suit là hausse des prix. Cependant, la réalité peut s’avérer différente de ce qu’on peut croire.
Après 2,4 % en août, l’inflation atteint 3 % sur un an en septembre, selon l’estimation provisoire de l’Insee publiée le 30 septembre. Il s’agit de son niveau le plus élevé depuis février 2024. L’énergie joue un rôle majeur dans cette accélération, avec des prix en hausse de 21,2 % sur un an, contre 16,7 % en août. Les produits frais progressent de 9,9 %. Dans ce contexte, l’économiste Marc Touati estime que les Français doivent regarder au-delà du taux affiché sur leur produit d’épargne. « L’inflation vient rogner le rendement de votre épargne », a-t-il déclaré sur CNews.
Le Livret A rapporte 1,7 % face à une inflation à 3 %
Depuis le 1er août 2026, le taux du Livret A s’établit à 1,7 %, après 1,5 % entre février et juillet. Le taux est fixé deux fois par an, au 1er février et au 1er août, selon une formule qui tient compte notamment de l’inflation hors tabac et des taux monétaires de la zone euro. Avec une inflation à 3 %, l’écart atteint donc 1,3 point. « En fait le taux réel de votre livret A c’est 1,7% moins l’inflation. 1,7% moins 3%, ça veut dire que vous perdez 1,3% donc en laissant votre argent sur le livret A vous perdez de l’argent au quotidien malheureusement », analyse Marc Touati.
Cette différence ne signifie pas que le solde du Livret A diminue. Les intérêts continuent d’être versés. Elle signifie que, si l’inflation reste supérieure au taux du livret, le pouvoir d’achat de l’épargne peut reculer. Pour 1 000 euros placés pendant une année entière à 1,7 %, les intérêts atteignent 17 euros, hors effets liés aux dates de versement et de retrait. À son plafond de 22 950 euros, un Livret A rapporte 390,15 euros sur une année pleine au taux actuel.

L’énergie pèse aussi sur le budget des ménages
La remontée de l’inflation ne concerne pas uniquement l’épargne. Les dépenses courantes sont également touchées. Les prix de l’alimentation progressent de 1,5 % sur un an, tandis que les services augmentent de 2,2 %. Les prix du tabac montent de 3,3 %. L’énergie reste la principale source d’accélération. Selon Capital, le prix du gaz doit encore progresser de 6,3 % au 1er octobre, tandis que les carburants atteignent des niveaux particulièrement élevés. Depuis le début de l’année, le gazole aurait augmenté de 50 % et le SP95-E10 de 30 %, selon les données citées par le média.
Marc Touati estime que cette situation pourrait encore durer avant une éventuelle accalmie. « Malheureusement, les prix des matières premières continuent d’augmenter », a-t-il déclaré, tout en anticipant une baisse en 2027 : « Il y a moins de consommation, donc les prix finissent par baisser, y compris donc des matières premières, donc ça ira mieux. Espérons-le pour le printemps 2027.» Cette prévision reste celle de l’économiste et ne constitue pas une projection officielle. Le gouvernement tablait, début septembre, sur une inflation à 1,8 % en 2027.








