France Travail : les syndicats s’inquiètent des effets de l’utilisation croissante de l’IA sur les emplois et les conseillers

France Travail développe des outils d’intelligence artificielle pour ses agents, tandis que les syndicats craignent des effets sur l’emploi.

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France Travail : les syndicats s'inquiètent des effets de l'utilisation croissante de l'IA sur les emplois et les conseillers. - Crédit : AFP | Econostrum.info

France Travail développe depuis 2024 plusieurs outils d’intelligence artificielle destinés à accompagner ses agents dans leurs missions. L’établissement public a indiqué avoir investi 15 millions d’euros en 2025 dans ces technologies, après 93 millions d’euros engagés entre 2017 et 2024 selon les données communiquées.

Plusieurs dispositifs sont déjà déployés ou en phase de test dans différentes régions. L’outil principal, ChatFT, est un agent conversationnel développé avec la société française Mistral. Il est utilisé pour assister les conseillers dans la rédaction de synthèses d’entretien avec des demandeurs d’emploi. Selon France Travail, cet outil permet de réduire le temps consacré à certaines tâches administratives.

La directrice IA de France Travail, Béatrice Grenade, a indiqué : « Un conseiller peut gagner trois heures par semaine avec cet outil et réinvestir ce temps dans l’accompagnement ». D’autres systèmes sont également en cours de déploiement, dont ChatFT Écoute, qui synthétise les échanges téléphoniques ou en face à face, et MatchFT, utilisé pour identifier des profils correspondant à des offres d’emploi et contacter des candidats par SMS.

Déploiement des outils d’IA et réactions des organisations syndicales de France Travail 

Selon France Travail, ChatFT est déjà utilisé sur l’ensemble du territoire. ChatFT Écoute est testé dans six régions avant une généralisation prévue en 2027. L’objectif affiché par la direction est de modifier certaines pratiques de travail en réduisant les tâches liées à l’utilisation directe de l’ordinateur pendant les entretiens. Un autre outil, CoachFT, est également en expérimentation pour accompagner les jeunes dans leurs démarches via des échanges automatisés.

Le directeur général adjoint technologies de France Travail, Samir Amellal, a déclaré : « On est une des rares organisations qui est à l’intersection d’une transformation pour nous-mêmes, […] pour améliorer notre performance, et de l’accompagnement de la société dans une transformation qui lui sera imposée par ces innovations technologiques ».

 

Les organisations syndicales demandent un encadrement du développement de ces outils. Le représentant de la CGT, Guillaume Bourdic, indique ne pas disposer d’une « cartographie des cas d’usage » de l’intelligence artificielle au sein de l’établissement. Il exprime des craintes concernant les effets sur l’organisation du travail.

Selon lui : « On a très peur que le développement de l’intelligence artificielle, pensé uniquement en termes de gains d’efficience et de gains de temps, participe à la fois à des suppressions de postes, à une intensification du travail et à la déqualification des conseillers ».

Christophe Moreau, représentant de la FSU, évoque une possible standardisation des analyses issues des entretiens et une utilisation des gains de productivité pour ajuster les effectifs. France Travail prévoit un redéploiement de 800 équivalents temps plein d’ici 2027 vers l’accompagnement, tout en anticipant une réduction de 515 postes en 2026 sur un total d’environ 54 000 agents. Une négociation sur un accord d’entreprise portant sur l’encadrement de l’intelligence artificielle doit se tenir en septembre.

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