Elle est devenue propriétaire de la maison familiale après le décès de son père. Pourtant, à 28 ans, elle se retrouve aujourd’hui au centre d’une bataille judiciaire avec la résidence dans laquelle se trouve le logement. Le motif : le règlement impose qu’au moins un occupant de chaque maison ait 55 ans ou plus.
La jeune femme, une Américaine de 28 ans, avait emménagé dans cette maison en 2020 pour s’occuper de son père, un vétéran handicapé atteint d’une maladie grave. Celui-ci est décédé en octobre 2023 et lui a laissé le logement. Quelques mois après sa disparition, elle a reçu un courrier lui rappelant qu’elle ne remplissait plus les conditions d’occupation liées à son âge, selon les informations du média américain News4Jax rapportées par Le Figaro Immobilier.
Depuis, le conflit s’est transformé en véritable bataille juridique. La propriétaire affirme qu’elle est progressivement privée de certains équipements de la résidence, notamment la piscine, la salle de sport et le club-house. Elle refuse de quitter le logement et affirme vouloir respecter les dernières volontés de son père.
Une règle de 55 ans au cœur du conflit
La résidence concernée fonctionne selon un statut particulier réservé aux communautés de personnes âgées. Ses documents officiels prévoient que chaque logement occupé doit compter au moins une personne âgée de 55 ans ou plus. Ils interdisent également la résidence des personnes de moins de 19 ans, sauf dans certaines circonstances prévues par les règles de la communauté.
Cette restriction s’appuie sur le Housing for Older Persons Act (HOPA), une législation fédérale américaine qui permet à certaines communautés résidentielles de réserver leurs logements aux personnes âgées. Pour bénéficier de cette exemption, une communauté doit notamment respecter un seuil fédéral : au moins 80 % des logements occupés doivent compter au moins un résident âgé de 55 ans ou plus.
Mais la loi fédérale n'empêche pas une résidence d’adopter des conditions plus strictes dans ses propres documents. Dans le cas présent, le règlement impose la présence d’une personne de 55 ans ou plus dans chaque maison occupeé. Il prévoit aussi la possibilité pour le conseil de la résidence d’accorder, dans certaines circonstances, une exception pour motif de hardship, à condition de rester conforme aux exigences fédérales.
C’est là que se situe l’une des principales difficultés du dossier : hériter du logement et avoir le droit de l’occuper sont deux questions distinctes. Les documents de la résidence permettent à une personne de moins de 55 ans de devenir propriétaire, mais ne lui accordent pas automatiquement le droit d’y résider si elle ne remplit pas les conditions d’occupation.
La jeune propriétaire soutient néanmoins que son père avait entrepris des démarches afin qu’elle puisse conserver le logement après son décès. Elle affirme notamment que le constructeur savait qu’il souhaitait lui transmettre la maison et lui aurait indiqué qu’elle pourrait rester. Elle dit ne jamais avoir obtenu de document confirmant définitivement cet arrangement.
155 propriétaires doivent financer la bataille judiciaire
Le conflit a pris une nouvelle ampleur en juillet 2026. Le conseil de la résidence a approuvé une cotisation exceptionnelle de 155 000 dollars destinée à financer les frais juridiques liés à la procédure visant à obtenir le départ de la jeune propriétaire. Environ 155 propriétaires doivent ainsi verser 1 000 dollars chacun.
La décision divise profondément les habitants. Certains soutiennent le maintien de la jeune femme dans son logement, tandis que d’autres estiment que le règlement doit être appliqué à tous les résidents sans exception. Une habitante a notamment souligné que le problème n’était pas personnel, mais concernait l’application uniforme des règles.
De son côté, la propriétaire affirme qu’elle ne compte pas partir. Son avocat conteste également la position de l’association et souligne que le montant des frais juridiques montre, selon lui, que le dossier n’est pas aussi évident que le laisse entendre la copropriété. L’association des propriétaires a, pour sa part, refusé de commenter publiquement le contentieux.








