Face aux tensions persistantes sur le marché pétrolier, Donald Trump choisit une nouvelle fois d’assouplir les règles du transport maritime américain. Le président des États-Unis a décidé de prolonger de 90 jours une dérogation au Jones Act, une loi centenaire qui réserve normalement le transport de marchandises entre ports américains aux navires construits, détenus et exploités sous pavillon américain.
Une mesure destinée à faciliter l’acheminement du pétrole et des carburants alors que le conflit autour du détroit d’Ormuz continue de perturber les échanges énergétiques mondiaux.
Une dérogation supplémentaire de 90 jours
La nouvelle dérogation doit entrer en vigueur le 17 août et rester applicable pendant 90 jours. Elle permet aux navires étrangers de transporter entre différents ports des États-Unis certaines marchandises habituellement soumises aux restrictions du Jones Act. Le pétrole, les carburants, les engrais et d’autres produits énergétiques ou agricoles sont notamment concernés.
L’administration Trump avait déjà suspendu une partie de ces règles en mars, dans le contexte de la guerre avec l’Iran et des perturbations provoquées par la fermeture du détroit d’Ormuz. Une première prolongation avait ensuite été annoncée en avril afin de maintenir davantage de capacités de transport disponibles jusqu’à la mi-août.
Pour la Maison-Blanche, l’enjeu est avant tout économique. Autoriser davantage de navires à transporter des produits entre les ports américains doit permettre de fluidifier les approvisionnements et d’éviter que les contraintes logistiques n’accentuent encore la hausse des prix de l’énergie.
Selon l’administration américaine, la dérogation a déjà permis d’augmenter les livraisons de produits essentiels comme l’essence, le diesel ou le carburant aérien. Plus de 200 voyages de pétroliers auraient été effectués dans le cadre de cet assouplissement depuis sa mise en place.
Le détroit d’Ormuz reste au cœur des inquiétudes
Cette décision intervient alors que le détroit d’Ormuz demeure l’un des principaux points de tension du marché mondial de l’énergie. Situé entre l’Iran et Oman, ce passage maritime constitue l’une des voies commerciales les plus stratégiques de la planète.
En 2024, environ 20 millions de barils de pétrole par jour y transitaient, soit près de 20 % de la consommation mondiale de produits pétroliers. Une part importante du commerce mondial de gaz naturel liquéfié emprunte également cette voie maritime.
Depuis le début du conflit, le trafic a été fortement réduit. Ce mardi 11 août, Reuters rapporte que seulement six navires avaient franchi le détroit la veille, contre 130 à 140 quotidiennement avant la guerre. Cette situation continue d’entretenir les craintes concernant l’approvisionnement et les cours de l’énergie.
Une décision qui divise aux États-Unis
La prolongation ne fait pourtant pas l’unanimité à Washington. Le Jones Act, adopté en 1920, est considéré par ses défenseurs comme un outil indispensable pour préserver la construction navale américaine, les emplois maritimes et les capacités logistiques du pays. Il impose notamment que les marchandises transportées entre deux points américains le soient à bord de navires construits et détenus aux États-Unis.
Début juillet, le président républicain de la Chambre des représentants Mike Johnson et 51 autres élus avaient justement demandé à Donald Trump de laisser les dérogations expirer en août. Ils estimaient qu’une prolongation risquait d’affaiblir la flotte commerciale américaine en favorisant les navires étrangers.
Donald Trump a finalement choisi de privilégier la sécurité des approvisionnements. Tant que les perturbations autour du détroit d’Ormuz continueront de peser sur le pétrole et le transport maritime, Washington entend ainsi conserver une marge de manœuvre supplémentaire pour limiter leurs répercussions sur l’économie américaine.








