Le 11 mai, l’ONU a lancé un avertissement grave concernant le blocage du détroit d’Ormuz. Si cette situation perdure, 45 millions de personnes risquent de souffrir de la faim.
Le détroit d’Ormuz est une voie maritime cruciale non seulement pour le pétrole, mais également pour le transport d’engrais chimiques, un produit essentiel pour l’agriculture mondiale. Un tiers de l’ensemble des engrais transportés par voie maritime passent par cette route, et son blocage met en péril les approvisionnements nécessaires aux cultures mondiales.
Jorge Moreira da Silva, chef du groupe de travail de l’ONU mis en place pour résoudre cette crise, a déclaré dans une interview que la situation est bien plus grave qu’elle ne l’était au début de la crise. Initialement, l’impact semblait être limité à quelques pays d’Afrique et d’Asie du Sud-Est, mais aujourd’hui, l’ensemble du marché des engrais est perturbé, affectant de nombreuses régions du monde. Si les engrais ne parviennent pas à être livrés dans les délais, les rendements agricoles, en particulier ceux des céréales comme le maïs, le riz, l’arachide et le sorgho, risquent de chuter de manière significative.
Les conséquences de la fermeture du détroit d’Ormuz pour l’agriculture mondiale et l’urgence d’une action rapide
L’ONU a averti que la situation dans le détroit d’Ormuz devenait urgente. Dès le mois de juin, les cultures agricoles mondiales auront besoin de ces engrais pour garantir de bons rendements. Selon les prévisions, les semis dans les pays les plus vulnérables doivent débuter en juin, et le manque d’engrais à cette période pourrait compromettre des récoltes entières. Les experts ont précisé que la date limite pour le déblocage de la situation est le 15 mai 2026, afin que les engrais puissent arriver à temps pour les semis. Passé ce délai, les conséquences pour les récoltes de cette année seraient irréversibles.
Jorge Moreira da Silva a ajouté que la meilleure solution serait de permettre le passage de cinq navires par jour, transportant les engrais nécessaires. D’après lui, cette opération logistique serait simple à mettre en place et pourrait être fonctionnelle en seulement sept jours. L’ONU estime qu’une aide alimentaire d’urgence serait coûteuse, s’élevant probablement à plusieurs milliards de dollars, et que des programmes de subvention d’urgence seraient également très onéreux.
En attendant, l’ONU continue de faire pression pour garantir la libre circulation des marchandises, notamment des engrais, afin d’éviter une crise alimentaire mondiale. La France, comme d’autres nations, soutient les efforts de déblocage du détroit, rappelant que la situation affecte particulièrement les pays les plus vulnérables du Sahel et de la Corne de l’Afrique.








