Une enseignante de 62 ans conteste devant la justice administrative sa mise à la retraite pour inaptitude physique après avoir été en arrêt maladie pendant près de 17 ans. La décision de l’administration lui aurait entraîné une importante baisse de revenus, avec une perte estimée entre 1 500 et 2 000 euros par mois. Parallèlement, une enquête pénale a été ouverte après des soupçons d’activité professionnelle exercée pendant son arrêt maladie.
L’affaire concerne une professeure agrégée qui a enseigné dans un établissement professionnel de Wesel, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne, entre 2003 et 2009, rapporte le quotidien allemand Bild. À partir de cette période, elle aurait accumulé les arrêts maladie en raison de troubles psychologiques. Pendant ces années, elle aurait continué à percevoir son traitement d’enseignante, compris entre 5 051 euros et 6 174 euros brut par mois.
Une retraite pour inaptitude qui entraîne une forte baisse de revenus
La situation a changé en mai 2026, lorsque la médecine du travail a procédé à un nouvel examen médical. Selon les conclusions de cette évaluation, l’enseignante ne serait pas en mesure de reprendre son activité professionnelle dans les six mois.
L’administration régionale de Düsseldorf a alors décidé de la placer à la retraite pour inaptitude physique. Cette mesure, prévue dans la fonction publique allemande lorsqu’un agent est considéré comme définitivement incapable d’exercer ses fonctions, entraîne un changement de régime de rémunération.
Depuis juin 2026, l’enseignante affirme subir une baisse importante de ses revenus, estimée entre 1 500 et 2 000 euros par mois. Elle a donc saisi le tribunal administratif de Düsseldorf afin d’obtenir l’annulation de cette décision et de conserver son ancien traitement.
Son recours porte essentiellement sur les conséquences financières de cette mise à la retraite anticipée. Elle estime que son état de santé ne justifie pas nécessairement un départ définitif et demande à rester considérée comme enseignante en activité.
En Allemagne, les fonctionnaires bénéficient d’un statut particulier, avec des règles spécifiques concernant les arrêts maladie, la rémunération et la retraite pour incapacité. Lorsqu’une administration estime qu’un agent ne pourra pas reprendre son poste dans un délai raisonnable, elle peut engager une procédure de mise à la retraite anticipée.
Une enquête ouverte pour une possible activité pendant l’arrêt maladie
Cette affaire a également pris une dimension judiciaire après l’ouverture d’une enquête par le parquet de Duisbourg. La justice allemande soupçonne l’enseignante d’avoir exercé une activité rémunérée alors qu’elle était officiellement considérée comme incapable de travailler.
Selon les éléments rapportés par plusieurs médias allemands, elle aurait exercé parallèlement une activité de naturopathe. Les enquêteurs cherchent à déterminer si cette activité était compatible avec son état médical déclaré et avec le versement de son traitement d’enseignante.
Une perquisition aurait récemment été menée à son domicile. Les autorités auraient saisi plusieurs supports informatiques afin d’examiner d’éventuels éléments pouvant confirmer ou écarter les soupçons.
À ce stade, aucune condamnation n’a été prononcée et l’enquête doit encore déterminer si une infraction a réellement été commise. En Allemagne comme ailleurs en Europe, l’exercice d’une activité professionnelle pendant un arrêt maladie peut faire l’objet de contrôles lorsque celle-ci semble incompatible avec l’incapacité déclarée.








