Carburants à plus de 2 euros le litre : pourquoi le gouvernement reste opposé à des aides « plus générales »

Les prix des carburants atteignent des records, mais le gouvernement refuse une baisse générale des taxes malgré la hausse.

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Carburants à plus de 2 euros le litre : pourquoi le gouvernement reste opposé à des aides « plus générales ». Crédit : Shutterstock | Econostrum.info

Les prix des carburants atteignent des niveaux records en France, mais le gouvernement ne compte faire aucun geste généralisé envers les automobilistes pour le moment. Face à cette hausse, l’Exécutif privilégie des aides ciblées pour les ménages et les entreprises les plus exposés.

À l’issue d’une réunion avec les distributeurs de carburants qui s’est tenue mercredi, Bercy a indiqué rester « défavorable » à des « mesures plus générales » face à l’augmentation des tarifs à la pompe. Pour justifier ce choix, le ministère de l’Économie évoque la situation des finances publiques. Une réduction de la fiscalité sur les carburants n’est donc pas envisagée pour le moment, Bercy estime que cette solution n’est pas compatible avec les contraintes budgétaires actuelles et préfère concentrer son action sur des aides destinées aux ménages et aux entreprises les plus touchés. 

Les prix du gazole et de l’essence atteignent des sommets inédits

Pour comprendre la hausse des prix des carburants, il faut regarder du côté des marchés de l’or noir. En effet, les cours du pétrole restent élevés en raison des inquiétudes liées à la situation au Moyen-Orient. Mercredi à 11 heures, le prix moyen du SP95-E10, l’essence la plus utilisée en France, atteignait 2,124 euros le litre. Le gazole s’établissait de son côté à 2,292 euros le litre.

Ces niveaux constituent des records depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Depuis la fin du mois de février, le prix du SP95-E10 a progressé de 23,5 %, tandis que le gazole affiche une hausse de 33,3 %. Petite précision, ces données concernent la France hors Corse et hors départements et régions d’outre-mer. Plusieurs professionnels du secteur demandent donc une réaction des pouvoirs publics si la hausse devait se prolonger.

Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E.Leclerc, avait même estimé « qu’il y a un seuil où les pouvoirs publics seront obligés, si ça durait, si c’était trop fort, de diminuer un peu la taxation des carburants ». De son côté, Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, a jugé que les prix resteraient « tendus » tant qu’il n’y aura pas la « paix » au Moyen-Orient.

Le gouvernement assure qu’il n’y a pas de risque de pénurie des carburants

Malgré la hausse des prix, Bercy affirme que l’approvisionnement des stations-service reste assuré. Le ministère a déclaré qu’il n’existait « pas de risque sur l’approvisionnement des stations au niveau national ». La hausse des tarifs entraîne aussi une modification des comportements des automobilistes. Selon les données communiquées par Bercy, la consommation de carburants a diminué en moyenne de 5,5 %. Cette baisse traduit une adaptation des ménages face à des dépenses plus élevées à la pompe.

Les recettes fiscales liées aux carburants restent proches des niveaux précédents. À fin août, elles représentaient 9 millions d’euros supplémentaires par rapport à la même période en 2025. Dans le détail, la progression de 304 millions d’euros de TVA nette a compensé une baisse de 295 millions d’euros des accises perçues, explique Sud Ouest.

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