Depuis le début de l’année, plusieurs magasins Intermarché en Belgique ont été contraints de fermer. Après Leuze, Morlanwez, Rhisnes, Auvelais ou Jette, c’est désormais au tour de Monceau-sur-Sambre. À Court-Saint-Etienne, le magasin de la place du Roi Baudouin fermera également d’ici la fin du mois, mais cette décision est motivée par l’ouverture d’un autre Intermarché à proximité, et non par des difficultés financières.
La reprise du groupe Mestdagh par Intermarché début 2023 a permis de doubler le réseau belge, passant de 80 à 166 magasins. Cette croissance rapide a renforcé la présence du groupe sur le territoire, mais elle a aussi créé des tensions pour certains franchisés. Si le bilan national reste positif avec une croissance de 6 % en 2025, certains magasins peinent à dégager des marges suffisantes.
Les franchisés se retrouvent confrontés à des difficultés financières malgré la performance globale du réseau, illustrant un contraste entre la réussite du groupe et la réalité locale.
Des problèmes d’approvisionnement qui fragilisent les franchisés
L’un des principaux obstacles réside dans les difficultés d’approvisionnement. En 2024, près de 30 % des commandes n’ont jamais été livrées, selon un document consulté par la RTBF. La situation financière s’est aggravée et aujourd’hui, environ 60 % des magasins seraient dans le rouge. Pendant plusieurs mois, la direction a permis de reporter le paiement des marchandises, mais avec 45 millions d’euros d’impayés en 2025, la situation est devenue critique.
Les magasins doivent désormais régler leurs commandes dès la livraison, une contrainte insurmontable pour les franchisés dont la trésorerie dépend des ventes pour financer les achats.

Un choc culturel au sein du réseau Intermarché
Selon Pierre-Alexandre Billiet, CEO de Gondola, la fusion avec Mestdagh a entraîné un choc culturel. Les franchisés historiques, habitués à gérer chaque décision de manière autonome, doivent cohabiter avec des gérants issus de Mestdagh, moins familiarisés avec le modèle coopératif d’Intermarché. Cette différence d’approche a fragilisé certains magasins, incapables de s’adapter au nouveau fonctionnement.
Une dizaine de points de vente n’ont pas intégré l’ADN du groupe et sont désormais voués à fermer, illustrant les difficultés d’adaptation dans un réseau en pleine mutation. Malgré ces fermetures locales, Intermarché reste performant à l’échelle nationale. Au premier trimestre 2026, le réseau belge a affiché de bons résultats, même si certains magasins continuent de rencontrer des difficultés.
Le défi reste d’intégrer les magasins acquis via Mestdagh dans un système coopératif tout en maintenant la rentabilité et la cohérence du réseau. La croissance rapide a offert une opportunité stratégique mais a également mis en lumière les limites d’un développement trop brusque pour des franchisés confrontés à des contraintes financières et organisationnelles.








