La réforme des pensions engagée par le gouvernement fédéral avance dans son processus législatif. Ses effets budgétaires et sociaux font l’objet d’analyses. Les premiers résultats mettent en évidence des évolutions contrastées. Des impacts sur les futurs retraités sont déjà identifiés.
Le Bureau fédéral du Plan, organisme public chargé des analyses économiques en Belgique, a publié deux rapports sur cette réforme. Ces documents ont été réalisés à la demande du gouvernement et portent sur les conséquences budgétaires et sociales des mesures envisagées. Le projet, porté notamment par Jan Jambon, vice-Premier ministre et membre de la Nieuw-Vlaamse Alliantie (N-VA), a été approuvé en première lecture en commission des Affaires sociales de la Chambre.
Sur le plan budgétaire, les résultats indiquent une réduction du coût du vieillissement. Ce coût correspond à l’évolution des dépenses sociales liées notamment aux pensions, aux soins de santé et aux allocations. Selon les projections, la réforme permettrait de diminuer ce coût de 1,3 % du produit intérieur brut à l’horizon 2070. Cette estimation s’inscrit dans la continuité des travaux du Comité d’étude sur le vieillissement.
Une baisse des pensions et des effets différenciés selon les profils
Les effets sociaux apparaissent différents selon les catégories de population. À moyen terme, le Bureau du Plan observe une diminution du montant moyen des pensions. Pour les nouveaux retraités, la baisse est estimée à 2,4 %. Elle atteint 2,6 % si l’ensemble des retraités est pris en compte. Ces évolutions résultent notamment de la limitation de certaines périodes assimilées et de l’introduction de mécanismes de réduction.
Les analyses montrent également une progression des inégalités de pensions. Cette tendance concerne en particulier les nouveaux retraités, mais s’observe aussi à un niveau plus global. Les écarts entre hommes et femmes sont également concernés. Le Bureau du Plan indique que la diminution des pensions est plus marquée pour les femmes dans certains régimes.
Dans le même temps, certaines mesures influencent différemment les écarts selon les statuts. La limitation de l’indexation des pensions les plus élevées dans la fonction publique conduit à une réduction partielle des écarts pour l’ensemble des retraités. Les effets varient donc selon les dispositifs et les catégories professionnelles.
Une hausse du risque de pauvreté et des effets à long terme
Les projections indiquent une évolution du risque de pauvreté. Celui-ci augmenterait d’ici la fin de la législature. Pour les nouveaux retraités, il passerait de 5,9 % à 6,3 %. Pour l’ensemble des retraités, il évoluerait de 5,5 % à 6,1 %. Ces données reposent sur les mesures actuellement connues et pourraient évoluer en fonction des ajustements futurs.

À plus long terme, les effets de la réforme apparaissent également dans les projections. À l’horizon 2070, la pension moyenne serait inférieure à celle observée dans un scénario sans réforme. Le taux de remplacement, qui mesure le rapport entre la pension et le revenu d’activité, serait également en baisse.
Les analyses indiquent que les effets varient selon les régimes. Dans la fonction publique, les impacts sont plus marqués pour les hommes. Dans les régimes des salariés et des indépendants, les effets sont jugés plus défavorables pour les femmes. Cette évolution contribue à un élargissement des écarts déjà existants.
Ces résultats rapportés par nos confrères du Soir reposent sur des projections réalisées à partir des informations disponibles au début du mois de mars. Ils offrent une première évaluation des effets de la réforme, tant sur le plan budgétaire que social, à court et à long terme.








