Pommes de terre en Belgique : comment les prix ont chuté jusqu’à 0 euro

Le marché des pommes de terre industrielles s’effondre en Belgique, avec des prix tombés à zéro sur le marché libre face à une demande insuffisante.

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Pommes de terre en Belgique : comment les prix ont chuté jusqu’à zéro euro. Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

Le prix des pommes de terre industrielles s’effondre sur le marché libre en Belgique. Selon la dernière cotation publiée par Belgapom, il atteint désormais 0 euro la tonne, un niveau inédit. Cette situation intervient après plusieurs mois de baisse continue des prix, dans un contexte de demande insuffisante. Elle reflète un déséquilibre marqué entre les volumes disponibles et les capacités d’absorption du marché.

La baisse des prix s’est installée progressivement au fil des derniers mois. Le marché des pommes de terre industrielles a été marqué par une diminution constante des cotations, en lien avec un manque de débouchés. En mars, le prix était déjà tombé à 10 euros la tonne, ce qui constituait un signal fort de déséquilibre. Depuis, la tendance s’est poursuivie sans véritable reprise.

Aujourd’hui, la cotation atteint 0 euro pour les pommes de terre de conservation destinées à l’industrie, notamment pour la production de frites. Ce niveau traduit l’absence de valorisation sur le marché libre pour une partie des volumes. Il s’agit d’une situation rare, qui illustre les difficultés rencontrées par le secteur dans un contexte de demande insuffisante.

Un marché libre marginal mais révélateur des tensions

La majorité des pommes de terre industrielles est vendue en amont via des contrats conclus entre producteurs et transformateurs. Environ 70 à 80 % des récoltes sont ainsi écoulées à des prix fixés à l’avance, ce qui protège partiellement les producteurs des fluctuations. Ces volumes ne sont donc pas directement touchés par la chute actuelle observée sur le marché libre.

Le reste de la production est proposé sur le marché libre, qui sert d’ajustement entre l’offre et la demande. C’est sur ce segment que les tensions apparaissent le plus fortement. L’absence de débouchés suffisants entraîne une pression sur les prix, jusqu’à atteindre un niveau nul pour les volumes restants.

Des transactions limitées mais désormais à prix nul

Ces dernières semaines, le marché libre était quasiment à l’arrêt, avec une absence de transactions suffisantes pour établir une cotation. Cette situation traduisait un blocage entre vendeurs et acheteurs. Désormais, quelques échanges ont repris, mais à des niveaux extrêmement faibles, et surtout à un prix de 0 euro, indique Belgapom.

Selon les représentants du secteur, les agriculteurs continuent d’écouler leurs stocks malgré l’absence de rémunération. Cette décision s’explique par des contraintes logistiques et économiques. Il s’agit notamment de libérer des capacités de stockage ou d’éviter des coûts supplémentaires liés à la conservation prolongée.

Des producteurs contraints de limiter les pertes

Face à cette situation, les producteurs se retrouvent confrontés à des choix difficiles. Vendre à 0 euro ne génère aucun revenu, mais peut permettre d’éviter des pertes supplémentaires. L’alternative consiste à conserver les produits ou à les détruire, ce qui représente également un coût financier et logistique.

Certains acteurs du secteur estiment que cette situation reste exceptionnelle mais révélatrice de fragilités. Elle met en évidence la dépendance du marché aux débouchés industriels. Lorsque la demande ralentit, les volumes excédentaires se retrouvent sans solution immédiate.

Un déséquilibre durable entre offre et demande

La chute des prix s’explique avant tout par un déséquilibre entre l’offre disponible et la demande du marché. Les transformateurs n’absorbent pas l’ensemble des volumes produits, ce qui crée un surplus. Ce désajustement exerce une pression directe sur les prix du marché libre.

Le secteur des pommes de terre industrielles dépend fortement de la transformation en produits finis. Lorsque cette chaîne ralentit, les effets se répercutent rapidement sur les producteurs. L’évolution actuelle illustre la sensibilité du marché à ces variations et souligne les tensions structurelles du secteur.

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