Shein, Temu, AliExpress : une nouvelle taxe arrive et pourrait faire grimper les prix des petits colis

Les règles changent pour les petits colis importés hors UE avec de nouvelles taxes qui pourraient modifier le prix des commandes en ligne.

Publié le
Lecture : 2 min
Petits colis
Shein, Temu, AliExpress : une nouvelle taxe arrive et pourrait faire grimper les prix des petits colis. Crédit : Adobestock | Econostrum.info - Belgique

Les achats en ligne effectués depuis des pays hors Union européenne vont subir de nouvelles évolutions tarifaires. Après l’instauration d’un droit forfaitaire de 3 euros sur certains petits colis importés depuis l’extérieur de l’UE, une nouvelle contribution pourrait s’ajouter dans les prochains mois.

Cette réforme concerne les envois d’une valeur inférieure à 150 euros, qui bénéficiaient auparavant d’une exemption de droits de douane. Depuis le 1er juillet 2026, ces marchandises sont soumises à un droit forfaitaire de 3 euros, appliqué par catégorie de produits et non forcément par colis. Concrètement, un paquet contenant plusieurs types d’articles peut être soumis plusieurs fois à cette taxe. Un colis regroupant des vêtements, des accessoires et des produits électroniques pourrait ainsi générer plusieurs frais distincts.

Cette évolution intervient alors que les volumes de petits colis en provenance de pays hors UE ont fortement progressé ces dernières années. En 2025, l’Union européenne a enregistré 5,9 milliards d’articles de faible valeur importés, soit quatre fois plus qu’en 2022.

Les importations évoluent déjà en Belgique

La Belgique observe déjà les effets de cette nouvelle réglementation. En juillet, le nombre de déclarations douanières concernant les petits envois a diminué de 53 % par rapport à juillet 2025. Dans le même temps, les déclarations pour les marchandises d’une valeur supérieure à 150 euros ont augmenté de 102 %. La valeur moyenne des marchandises importées a également progressé, passant de 5,73 euros à 10,85 euros. Entre le 29 juin et le 16 août, le nouveau droit appliqué aux petits colis a généré 223,7 millions d’euros de recettes pour la Belgique.

Ces chiffres ne signifient pas nécessairement que les consommateurs belges ont réduit leurs achats de 53 %. Ils traduisent surtout une adaptation des circuits logistiques. Les entreprises peuvent regrouper davantage leurs marchandises, modifier leurs déclarations ou utiliser d’autres solutions d’importation. Les grandes plateformes comme Shein, Temu et AliExpress ont déjà développé des infrastructures logistiques en Europe afin de rapprocher certains stocks des consommateurs européens.

Cela peut réduire certaines démarches liées aux importations, mais les frais supplémentaires peuvent aussi être intégrés directement dans les prix affichés. Certains clients ont d’ailleurs constaté l’apparition de frais supplémentaires sur des commandes expédiées depuis des plateformes disposant de centres européens.

Une nouvelle contribution pourrait arriver en novembre

L’Union européenne prévoit également la mise en place d’un frais de traitement douanier pour les petits colis. Cette mesure doit entrer en vigueur au plus tard le 1er novembre 2026. Le montant définitif doit encore être fixé par la Commission européenne. Il doit correspondre aux coûts liés au traitement et au contrôle de ces marchandises par les services douaniers. Selon les premières estimations, cette nouvelle contribution pourrait atteindre environ 2 euros. Elle viendrait alors s’ajouter au droit forfaitaire déjà existant de 3 euros, soit un total potentiel de 5 euros par catégorie de produits, hors TVA.

Le secteur européen du textile demande néanmoins une contribution plus élevée. L’organisation Euratex réclame un montant pouvant atteindre 10 euros par colis. Le secteur estime que les coûts liés aux contrôles douaniers, à la sécurité des produits et à la surveillance du marché sont supérieurs aux montants actuellement envisagés. Pour les consommateurs européens habitués aux achats à bas prix sur des plateformes internationales, ces nouvelles règles pourraient donc modifier progressivement le coût final des commandes. Les plateformes devront également adapter leurs modèles afin de tenir compte de ces nouvelles obligations.

Laisser un commentaire

Share to...