Face au besoin de redresser les finances publiques belges, Paul Magnette défend une refonte de la fiscalité. Le président du PS veut davantage taxer les patrimoines les plus élevés tout en réduisant la pression qui pèse sur les revenus du travail.
Invité du RTL info 19h vendredi, dans le cadre d’une semaine consacrée au budget fédéral, Paul Magnette a estimé qu’une « révolution fiscale » était « indispensable en Belgique ». Le gouvernement fédéral cherche actuellement plusieurs milliards d’euros pour ramener le déficit public à un niveau plus soutenable.
Le président du PS refuse que ce redressement repose encore principalement sur les travailleurs et les pensionnés. Il propose donc de revoir la manière dont les différents types de revenus sont taxés.
Paul Magnette veut rapprocher la taxation du travail et du patrimoine
Le principe défendu par le socialiste tient en une formule : « 1 euro égale 1 euro ». Paul Magnette souhaite ainsi réduire l’écart entre la taxation des revenus professionnels et celle des revenus issus du patrimoine. « Que vous ayez gagné de l’argent en travaillant ou que vous ayez gagné de l’argent parce que vous avez un gros patrimoine, vous devez payer les mêmes impôts », affirme-t-il.
Le président du PS estime que la fiscalité belge fait peser une charge trop importante sur les revenus du travail par rapport à certains revenus patrimoniaux. Il résume sa position ainsi : « c’est complètement fou, plus vous êtes riche, moins vous payez d’impôts ». Son raisonnement repose notamment sur une comparaison entre un revenu professionnel et des revenus issus d’un patrimoine financier ou immobilier.
Selon lui, lorsqu’un travailleur gagne 100 euros, environ 40 euros peuvent partir en impôts, alors que certains revenus du patrimoine sont soumis à une taxation différente. Le projet défendu par le PS prévoit une contribution visant les patrimoines les plus élevés. Le dispositif évoqué appliquerait un taux de 1 % à partir de 5 millions d’euros de patrimoine et de 2 % au-delà de 100 millions d’euros.
Paul Magnette affirme que le premier seuil concernerait seulement « 1 ou 2 % de la population ». Le second ne viserait qu’« une poignée de gens extrêmement riches ». L’objectif affiché n’est pas seulement de créer une nouvelle recette fiscale. Le PS souhaite utiliser ces revenus supplémentaires pour réduire la pression exercée sur les revenus du travail.
Une recette estimée à 6 milliards d’euros
Paul Magnette estime que l’ensemble des propositions fiscales défendues par son parti pourrait rapporter environ 6 milliards d’euros. Cette somme contribuerait au redressement des finances publiques alors que le gouvernement cherche plusieurs milliards d’euros d’économies et de recettes nouvelles.
Le président du PS reconnaît lui-même que cette proposition ne suffirait pas à régler seule le problème budgétaire. « Ce n’est pas la solution miracle. Moi, je ne dis pas qu’il n’y a qu’à claquer dans les doigts, taxer les millionnaires et tout va être réglé, mais c’est une partie de la solution. »
La question de l’exil fiscal constitue l’un des principaux arguments avancés contre une taxation plus forte des grandes fortunes. Paul Magnette relativise ce risque en évoquant l’expérience française de l’ancien impôt de solidarité sur la fortune. « Et la plupart du temps, ils sont venus en Belgique, d’ailleurs. Ce qui est bien la preuve que nous sommes un paradis pour les ultra-riches. »








