Les dépenses de soins de santé en Belgique devraient fortement progresser dans les prochaines années. Selon le Bureau fédéral du plan, elles augmenteront de 10,9 milliards d’euros entre 2025 et 2035, sous l’effet de tendances démographiques et médicales. Cette évolution pose la question du financement à long terme du système de santé.
En 2025, les dépenses liées à l’assurance maladie-invalidité atteignent 37,7 milliards d’euros, soit environ 6 % du PIB. Cette enveloppe couvre une large part des dépenses publiques de santé. La répartition montre le poids des principaux postes : les honoraires des médecins représentent 31 %, suivis des hospitalisations avec 22,9 % et des fournitures pharmaceutiques avec 18,6 %. D’autres segments complètent l’ensemble, comme les soins infirmiers à domicile (5,9 %), la dentisterie (4,3 %) et la kinésithérapie (3,5 %).
Cette structure explique en partie la dynamique de hausse observée sur la période étudiée.
Les médicaments en tête de la hausse attendue
La croissance des dépenses n’est pas homogène selon les secteurs. Toujours selon les données du Bureau fédéral du Plan, les fournitures pharmaceutiques enregistrent la progression la plus marquée, avec une augmentation estimée à +3,4 milliards d’euros. Cette évolution est liée à l’arrivée de médicaments innovants, souvent plus coûteux. Les honoraires médicaux suivent avec une hausse attendue de +2,2 milliards d’euros, tandis que les coûts liés aux hospitalisations augmenteraient de +2,1 milliards d’euros.
D’autres postes affichent aussi une progression notable, notamment les soins infirmiers à domicile (+870 millions d’euros) et la kinésithérapie (+760 millions d’euros).
Une croissance régulière dans la durée
Sur la période 2025-2035, la hausse des dépenses correspond à une croissance annuelle moyenne de 2,6 %. Ce rythme est identique à celui observé entre 2020 et 2025, mais supérieur à la période 2015-2020, où il s’élevait à 2,1 %. Ces projections sont établies à politique inchangée, ce qui signifie qu’elles ne prennent pas en compte d’éventuelles réformes du système de santé ou des mécanismes de régulation.
Parmi les éléments expliquant cette évolution, le vieillissement de la population occupe une place majeure. Il est associé à une demande plus importante en soins médicaux, notamment pour les pathologies chroniques. La croissance démographique joue également un rôle, bien que plus limité. Ensemble, ces deux facteurs représentent environ un tiers de l’augmentation totale des dépenses de santé.
Cette dynamique structurelle inscrit la hausse des coûts dans une tendance de long terme.
Une question de soutenabilité à moyen terme
L’augmentation attendue des dépenses de santé interroge sur la capacité du système à absorber ces coûts. Le maintien d’un niveau de couverture élevé tout en maîtrisant les finances publiques reste un enjeu central. Dans ce contexte, les choix politiques à venir pourraient influencer la trajectoire réelle des dépenses, notamment en matière d’organisation des soins, de tarification ou d’innovation médicale.








