Importations d’électricité : la Belgique débourse plus d’un milliard d’euros en 2024

La Belgique a dépensé plus d’un milliard d’euros pour ses importations nettes d’électricité en 2024, tout en bénéficiant de prix de gros relativement bas grâce à sa proximité avec la production nucléaire française.

Publié le
Lecture : 2 min
Importation d'électricité en Belgique
Importations d’électricité : la Belgique débourse plus d’un milliard d’euros en 2024 : Crédit : Canva | Econostrum.info - Belgique

La Belgique a dépensé plus d’un milliard d’euros pour importer de l’électricité en 2024, un montant qualifié de « stupéfiant » par la Commission de régulation de l’énergie et du gaz (Creg). Ce constat intervient après plusieurs années d’évolution contrastée dans les échanges d’électricité avec les pays voisins. 

Malgré ces importations importantes, les prix de gros de l’électricité en Belgique sont restés relativement bas en 2024. La situation illustre la complexité des marchés énergétiques européens et soulève des questions sur la stratégie énergétique belge à moyen terme.

Une dépendance énergétique marquée par un retour aux importations massives

Entre 2015 et 2018, la Belgique dépendait déjà fortement des importations d’électricité, principalement à cause de la disponibilité réduite de ses centrales nucléaires. Cependant, de 2019 à 2022, la situation s’est inversée grâce à une meilleure disponibilité nucléaire et à la mise en service de deux nouvelles interconnexions électriques vers le Royaume-Uni et l’Allemagne. Durant cette période, la Belgique est devenue exportatrice nette d’électricité, tirant profit de sa capacité accrue.

Depuis 2023, cette tendance s’est renversée : la Belgique est redevenue un importateur net d’électricité. En 2024, ce phénomène s’est accentué avec des importations nettes atteignant 10,7 térawattheures (TWh). La Creg souligne que le coût total de ces importations a atteint 1,04 milliard d’euros, une somme que la commission qualifie de « stupéfiante », rapporte Sudinfo. Pour mettre ce chiffre en perspective, il faut rappeler qu’en 2022, la Belgique avait engrangé 1,33 milliard d’euros de recettes en exportant son électricité aux pays voisins.

Cette forte dépendance aux importations révèle une vulnérabilité accrue du système énergétique belge. La réduction de la production nucléaire nationale, conjuguée à des contraintes sur les centrales fossiles et une transition vers les renouvelables encore insuffisante, a creusé ce besoin d’électricité extérieure. Les interconnexions, bien qu’essentielles pour l’équilibre du réseau, exposent aussi la Belgique aux fluctuations et aux prix des marchés européens.

Prix bas et dynamique paradoxale des échanges électriques en Belgique

Malgré ces importations nettes élevées, les prix de gros de l’électricité en Belgique sont restés relativement bas en 2024, notamment par rapport aux Pays-Bas et à l’Allemagne. Cette situation surprenante semble aller à l’encontre de la logique habituelle selon laquelle les zones à bas prix exportent vers celles où les prix sont plus élevés.

La Creg explique ce phénomène par la proximité de la Belgique avec la France, pays disposant d’une production d’électricité nucléaire et renouvelable abondante et peu coûteuse. Cette source d’électricité bon marché exerce un effet d’entraînement sur les prix belges. Par ailleurs, les flux d’importation belges contribuent à soulager la pression exercée sur le réseau français, qui doit exporter vers d’autres pays européens, ce qui peut stabiliser les prix en Belgique.

Laisser un commentaire

Share to...